DES CATACOMBES. 55
Vain espoir ! par le feu la cire consumée,
Par degrés s’abaissant sur la mèche enflammée,Atteint sa main souffrante, et de ses doigts vaincusLes nerfs découragés ne la soutiennent plus :
De son bras défaillant enfin la torche tombe,
Et ses derniers rayons ont éclairé sa tombe.
O toi, qui d’Ugolin traças l’affreux tableau,
Terrible Dante, viens, prête-moi ton pinceau,Prête-moi tes couleurs; peins dans ces noirs dédales,Dans la profonde horreur des ombres sépulcrales ,
Ce malheureux qui compte un siècle par instans ,
Seul... Ah I les mallieureu x ne sont pas seuls long-temps;
L’imagination, de fantômes funèbresPeuple leur solitude, et remplit leurs ténèbres.L’infortuné déjà voit cent spectres hideux,*
Le délire brûlant, le désespoir affreux,
La moi’t.... non cette mort qui plaît a la victoire,
Qui vole avec la foudre, et que pare la gloire ;
Mais lente, mais horrible, et traînant par la mainLa faim qui se déchire et se ronge le sein.
Son sang, à ces pensers, s’arrête dans ses veines.
Et quels regrets touchans viennent aigrir ses peines?Ses parens, ses amis, qu’il ne reverra plus !
Et ces nobles travaux qu’il laissa suspendus !
Ces travaux qui devaient illustrer sa mémoire,
Qui donnaient le bonheur et promettaient la gloire !
Et celle dont l’amour, celle dont le souris
Fut son plu s doux éloge et son plus digne prix !
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