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nisme est digne d’en être l’interprète. L’àxne entière,dit-il, frémit en contemplant tant de néant et tantde grandeur : lorsqu’on cherche une expression assezmagnifique pour peindre ce qu’il y a de plus élevé,l’autre moitié de l’objet sollicite le terme le plus baspour exprimer ce qu’il y a de plus vil : tout annoncequ’on est là dans l’empire des ruines; et, à je ne saisquelle odeur de poussière répandue sous ces archesfunèbres , on croirait respirer les temps passés. »
Emilie, rassurée, avait quitté mon bras, et, labougie à la main, parcourait en silence ces froidesdemeures. Les nombreuses inscriptions , religieuses,philosophiques et morales, tracées sur les murailles,attiraient tour à tour son attention; elle me fit re-marquer ces vers de Malfilâtre, que je crois inédits “
Insensés! nous parlons en maîtres,
Nous qui, dans l’océan des êtres,
Nageons tristement confondus !
Nous, dont l’existence légère,
Pareille à l’ombre passagèreCommence, paraît, et n’est plus.
Elle exigeait que je lui traduisisse les sentences la-tines , lorsqu’elle en vint à celle-ci .•
Quæris cjuo jaceas post obitumloco ?
Quô non n a ta jacent ?
fit qu’elle sut que cela signifiait (tu cherches où tuseras après ta mort ? où lu étais avant de naître. ) :« Je ne sens, me dit-elle, ni la justesse, ni la morale