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L’ART UNIVERSEL'
Q:
POVR DEFENDRE LES DEHORS.
U a n d par le travail des tranchées, l’Enncmy s’cst approché du fossé du premier dehors, files^contrcmincs ont rompu le dessein qu’il avoir de le miner, il tâchera dc le prendre par force, cypied á pied : e’est pourquoy il faudra estre fur ses gardes, & sc preparer à soutenir 1’assimt ou Patra-que qu’il fera à ces dehors, faisant bonne garde, Sc tenant dedans des gens armez à l’épreuvc diamousquet, avec des feux d’artificc.
II te ra bon aussi de faire quelques fougades ; voicvla maniéré de les faire. U faut avoir vn sac oudeux pleins dc poudre, qui tiennent environ cent livres chacun,que vous couvrirez ou mettrez dedansquelque autre lac, pour cmpcfchcrque la poudre nc prenne l’humidité de la terre : ayant ces sacs ainsidisposez, vous ferez faire'vn creux dc dix pieds pour le moins, parccque plus il fera profond , plus ilfera d’csscc. Sur ces lacs, vous ferez mettre des picccsdc bois dc travers, des pierres , des briques, fleautres chyles qui peuvent faire éclat, jusques a ce que le creux soit presque plein, qu’il faut acheverdc rempiítókla terre qu’on aura tirée, qu’on ajustera en forte que l'Euntmy ne s’cn apperçoivepas,faisant aÍM la láucilfc jusques au premier retranchement, pour y donner le feu, lors que J’Ecncmy ysçra entré ,& qu’on verra y avoir aflcz.dc soldats, qu’on fera íauteravcc le feu : cette fougade estmarquée A.
.Jcluppofcqu’auparavanton aurafaitquclqueretranchement dans le ravelin,ou ouvrage à corne,au moins le plus simple dc tous les retranchemens, qui est vn angle droit tiré, qui fair vnc tenaille ,comme on voit en la figure B B. Ces retranchemens doivent estre assez élevez, puilque ceux dc laPlace v doivent commander, Sc découvrir 1c lieu pris par l’Enncmy : dc plus,il faut que ceux qui au-ront íoûtcr.u , fc puillént retirer facilement par quelques portes fectcttcs Sc chemins inconnus àIjEnncmy.
j Les aimes propres en ccs occasions-là, outre le mousquet, la picqucl & les hallebardes ,sonr de»picqucs fortes Se longues,avec des crochets, comme aussi des fourches pour repousier les échelles, Scîts ponts volans qu’on applique d’ordinaiicen ctslieux-là. Je tiens pour la meilleure défense qu’oupuíllc avoir, ccs petits pierricrs,comme ceux des vaisseaux, n’y ayant tien dc si commode à tirer soli-ve ut, Se qui fom grand dommage ; estant forcez, on les transporte facilement, on les charge ville:caiiin’ya qu’à mettre la botsteSe la cartouche remplie de baies dc mousquet Se dc fcraillc. On lesmet cú l'on vçut, £: ìmifcntbcaucoup à l'Enncmy, contre qui, si on cn tire trois ou quatre dc cama-rade, loi s qu’il vient avec furie, asscurémcnt on attestera les premiers qui sont les plus hardis; s'il.snc sont morts, ils font bien blessez , Sc hors dc combat, Se pendant que ces picccs tirent, on peutpromptement charger les autres- Sion vouloir défendre le ravelin, ccs pieces feroient fort bien C,Se D ,qui flanquent «sfaces Q_I, Se I P ;si l’on attaquoit lapicce , ououvrage E , Sc qucl'Enncmyfust à la face C , ou D ,on les mettra au flanc F, ou G ; cn vn mot on les mettra toujours au lieu quiBanque ce qui est attaqué; Sc s’ils y entrent pour s’y loger, ou les mettra au lieu qui commandededans.
On pourra encore pointer quelques picccs dc la Place qui puissent tirer dans ces dehors fans endom-mager ceux qui sent plus arriére, & on les tirera , lors que l'Enncmy s’y voudra loger ; cn quoy ilsr,'ont pas moins de peine qu’à les prendre , parec qu’ils sont veus Sc tirez dc tous les costcz. Et si l’onavoir miné ces dehors, lors qu’ils y pcnlercjcnt estre cn asscurance, on lcsfcroit fauter.
Dans tous ccs dehors, il faut fc retrancher peu à peu, ne laissant prendre vn pied de terre fanscombat; ceux dc dedans ont [‘avantage d’estre àcouveit. Quand on défend vnc piccc, ilfaut que dansl’autrc qui est plus éloignée, il y aie dcssoldnts fuffiiàmment, tant peur rafraiíchir ceux qui défen-deur, que pour empocher que l’Enncmy nc s’cn empare dans la confusion dc la retraite.
Quand on verra que l’Enncmy s’avancc , & qu’il n’y a rien qui le presse de lever lc siégé, n’estantincommodé ni du lieu , ni de la laisen , ni de la maladie ; qu’il y a des soldats à luffiíancc pour conti-nuer son dessein : il taudra faire feavoir aux villes du party lestât de la Place , a lin qu’ils tafehent deleur cuvciycr des soldats pour les secourir, & des munitions qu’ils y feront entrer; ou dc faire leverle liège par force ou pai adresse.