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L' Art universel des fortifications, françoises, holandoises, espagnoles, italiennes, et composées : avec l'art d'attaquer les places fortifiées par les surprises & par la force, & aussi de défendre les places fortifiées contre les surprises & contre la force / le Sieur Silvère de Bitainvieu pseud.pour Jean du Breuil
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LART UNIVERSEL'

Q:

POVR DEFENDRE LES DEHORS.

U a n d par le travail des tranchées, lEnncmy scst approché du fossé du premier dehors, files^contrcmincs ont rompu le dessein quil avoir de le miner, il tâchera dc le prendre par force, cypied á pied : eest pourquoy il faudra estre fur ses gardes, & sc preparer à soutenir 1assimt ou Patra-que quil fera à ces dehors, faisant bonne garde, Sc tenant dedans des gens armez à lépreuvc diamousquet, avec des feux dartificc.

II te ra bon aussi de faire quelques fougades ; voicvla maniéré de les faire. U faut avoir vn sac oudeux pleins dc poudre, qui tiennent environ cent livres chacun,que vous couvrirez ou mettrez dedansquelque autre lac, pour cmpcfchcrque la poudre nc prenne lhumidité de la terre : ayant ces sacs ainsidisposez, vous ferez faire'vn creux dc dix pieds pour le moins, parccque plus il fera profond , plus ilfera dcsscc. Sur ces lacs, vous ferez mettre des picccsdc bois dc travers, des pierres , des briques, fleautres chyles qui peuvent faire éclat, jusques a ce que le creux soit presque plein, quil faut acheverdc rempiítókla terre quon aura tirée, quon ajustera en forte que l'Euntmy ne scn apperçoivepas,faisant aÍM la láucilfc jusques au premier retranchement, pour y donner le feu, lors que JEcncmy ysçra entré ,& quon verra y avoir aflcz.dc soldats, quon fera íauteravcc le feu : cette fougade estmarquée A.

.Jcluppofcquauparavanton aurafaitquclqueretranchement dans le ravelin,ou ouvrage à corne,au moins le plus simple dc tous les retranchemens, qui est vn angle droit tiré, qui fair vnc tenaille ,comme on voit en la figure B B. Ces retranchemens doivent estre assez élevez, puilque ceux dc laPlace v doivent commander, Sc découvrir 1c lieu pris par lEnncmy : dc plus,il faut que ceux qui au-ront íoûtcr.u , fc puillént retirer facilement par quelques portes fectcttcs Sc chemins inconnus àIjEnncmy.

j Les aimes propres en ccs occasions-, outre le mousquet, la picqucl & les hallebardes ,sonr de»picqucs fortes Se longues,avec des crochets, comme aussi des fourches pour repousier les échelles, Scîts ponts volans quon applique dordinaiicen ctslieux-. Je tiens pour la meilleure défense quoupuíllc avoir, ccs petits pierricrs,comme ceux des vaisseaux, ny ayant tien dc si commode à tirer soli-ve ut, Se qui fom grand dommage ; estant forcez, on les transporte facilement, on les charge ville:caiiinya quà mettre la botsteSe la cartouche remplie de baies dc mousquet Se dc fcraillc. On lesmet l'on vçut, £: ìmifcntbcaucoup à l'Enncmy, contre qui, si on cn tire trois ou quatre dc cama-rade, loi s quil vient avec furie, asscurémcnt on attestera les premiers qui sont les plus hardis; s'il.snc sont morts, ils font bien blessez , Sc hors dc combat, Se pendant que ces picccs tirent, on peutpromptement charger les autres- Sion vouloir défendre le ravelin, ccs pieces feroient fort bien C,Se D ,qui flanquent «sfaces Q_I, Se I P ;si lon attaquoit lapicce , ououvrage E , Sc qucl'Enncmyfust à la face C , ou D ,on les mettra au flanc F, ou G ; cn vn mot on les mettra toujours au lieu quiBanque ce qui est attaqué; Sc sils y entrent pour sy loger, ou les mettra au lieu qui commandededans.

On pourra encore pointer quelques picccs dc la Place qui puissent tirer dans ces dehors fans endom-mager ceux qui sent plus arriére, & on les tirera , lors que l'Enncmy sy voudra loger ; cn quoy ilsr,'ont pas moins de peine quà les prendre , parec quils sont veus Sc tirez dc tous les costcz. Et si lonavoir miné ces dehors, lors quils y pcnlercjcnt estre cn asscurance, on lcsfcroit fauter.

Dans tous ccs dehors, il faut fc retrancher peu à peu, ne laissant prendre vn pied de terre fanscombat; ceux dc dedans ont [avantage destre àcouveit. Quand on défend vnc piccc, ilfaut que danslautrc qui est plus éloignée, il y aie dcssoldnts fuffiiàmment, tant peur rafraiíchir ceux qui défen-deur, que pour empocher que lEnncmy nc scn empare dans la confusion dc la retraite.

Quand on verra que lEnncmy savancc , & quil ny a rien qui le presse de lever lc siégé, nestantincommodé ni du lieu , ni de la laisen , ni de la maladie ; quil y a des soldats à luffiíancc pour conti-nuer son dessein : il taudra faire feavoir aux villes du party lestât de la Place , a lin quils tafehent deleur cuvciycr des soldats pour les secourir, & des munitions quils y feront entrer; ou dc faire leverle liège par force ou pai adresse.