D F, S FORTIFICATIONS. Traite VT.
Au haut de la brèche, où il faut que l’Ennemy fc loge estant monté »ou aux. premiers rccranchcmens, on fera quelques fougades où on don-nera le teu d’aucres lieux plus éloignez ; on y pourra jetter des chauf-fe-ttapes , qui font des doux à quatre pointes, ÔC y planter des pieuxpour empefeher le passage.
Quand sennemy viendra pour monter à la brèche, on le repousseraà coups de mousquets, avec des piques , des halebardes,despertuifa-nés, Sc autres armes ; 8c quand on commencera à s'échauffer, on ti-rera quelques pierriers, on fera jetter des feux d’artisicc, des huiles Scchaux bouillantes ; Sc lors qu'il y en aura beaucoup de montez , onmettra le feu à la fougade , ou à la mine , ce qui les mettra tous endésordre ; Sc pendant ce temps-là, on pourra rafraifehir les soldatsqui ont foustenu le choc.
Et si l’Ennemy revient àl'assaut, on fe défendra avec la mesine cha-leur ,continuant à jetter des feux d’artisice , tirer des pierriers, rom*ler des solives Sc dc grosses pierres, Sc tout ce qu’on s’aviíera devoirfaire dommage aux Assaillans. Si on est obligé de quitter la brèche,il faudra le retirer dans le retranchement le plus proche par les portesfecrettes,ÔC à la faveur de ceux qui font déja dedans pour les soute-nir , qui auront quelque piccc courte pour tirer lut l’Enncmy ,s’il estloge fur la brèche; Sc si l’on est assez de monde , on fera vne sortiepour les en chasser.
Dans ces recranchcmens,on doit fc défendre avec le mefme coura-ge qu’on a fait fur le bastion, pour oster l’esperance aux Ennemis quicroyent toujours forcer, comme ils ont fait jufques-là, estimant pen-ce qui reste à prendre. Ceux de dedans , s’ils ont du cœur, ils doiventsoutenir, tant qu'il y aura de la terre pour fe couvrir : car l’Ennemyen devient toujours plus foible, Sc ceux dc la Place en feront plusestimez.
DE LA MANIERE DE COMPOSER ,
avant que de Je rendre.
M Aïs si l’Ennemy poursuit toujours, ayant du secours Sc denouveaux soldats ; ceux de la Place qui ne fe voyent plusassez forts pour résister, ne doivent pas s’o.piniastrer a fe perdre , Sctout ce qui reste de la ville. II n’y a point de déshonneur à fe rendre,après avoir fait toutes les actions possibles a des gens de cœur Sc de cou-rage: car il est juste que le plus foible cedcau plus fort. Le fort desarmes veut que l’vnou l'autre soit vainqueur. Quelle raison y a-t-ilde
Yy i;