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autres ne purent avoir lieu, que lorsque le pouvoir sur-tout un peuple fut en quelque sorte concentré clans uneseule main, sur une seule tête, qu’il suffisait d’abattrepour changer l’état des choses.
Au moyen-âge, le système féodal n’était pas de natureà engendrer les révolutions, mais bien des révoltes par-tielles contre l’injustice de quelques seigneurs, et encoreétaient-elles bientôt réprimées, parce que toute la noblesseet le clergé se trouvaient également intéressés à se prêterune mutuelle assistance, pour maintenir leurs prérogativeset leur oppression.
Alors le peuple, écrasé sous le poids de la féodalité, ac-cablé de charges et d’impôts, ne savait pas même ce quec’était que la liberté ; il ne pouvait ordinairement opposerau joug féodal que sa patience ou ses larmes. Il sentait sibien son impuissance intellectuelle, son incapacité de segouverner seul, qu’à plusieurs reprises on le vit refuserson affranchissement comme un fardeau dont il ne savaitque faire. Quelquefois, cependant, l’excès de sa misère lepoussa à la sédition; mais incapables de donner une impul-sion convenable au peuple soulevé, ses chefs ne surentque le conduire au pillage et au meurtre de ses oppres-seurs , sans pouvoir prévenir le retour de l’oppression pardes institutions protectrices.
Dès le temps des croisades, l’histoire nous apprend lesdésordres que commirent les pastoureaux; on pourraitmême penser que les Albigeois ne furent pas uniquementpoussés à la révolte par des opinions religieuses.
L’indépendance de la Suisse ne provient pas d’une ré-volution , mais d’une longue résistance des cantons fores-tiers contre la maison de Habsbourg, dont les droits surles peuplades alpestres étaient mal déterminés (*).
Stumpf nous dit, d’après plusieurs auteurs, que , dès le
(') Voyez Kopp 1 — J. J. Hisely, — et autres liist. suisses.