réparés, que déjà nos évêques, mal conseillés, crurentpouvoir reprendre une autorité absolue, que le temps etles franchises du peuple ne comportaient plus. Nos pères, sevoyant menacés dans leurs libertés les plus chères, eurentd’abord recours’aux remontrances ; celles-ci restant infruc-tueuses pendant de longues années, ils employèrent laforce. Le peuple se souleva, mais sa résistance ne servitqu’à faire tomber un plus grand nombre de têtes surl’échafaud, dressé par les ordres de Sigismond de Rei-nach , sous la protection des baïonnettes françaises (octo-bre 1740).
Le sang de ces victimes avait à peine eu le temps desécher -, lorsque l’impulsion que la France donna à l’Europe en 1793, fit sortir l’évêché de Bâle de l’oppression ; maisle peuple n’était pas encore mûr pour tant de liberté et ilne lui fallut pas moins que la main puissante du plus grandhomme de notre siècle pour le rappeler à l’ordre.
NOTE XXL— page 97.
Accord entre l’évêque de Bâle et les comtes de Ferrette , ausujet de leurs droits dans l’Eïsgau , le Salsgau et à Rrn-dersdorf.
Ce document est un des plus important de notre histoire,puisqu’il est en quelque sorte le premier qui nous fasseconnaître l’état politique du pays au commencement dutreizième siècle.
L’évêque de Bâle tenait en fief de l’empire la plus grandepartie de ses états, et il jouissait, dans l’Ajoie , dans lavallée de Delémont et autres lieux, de certaines prérogati-ves, que lui contestaient les comtes de Ferrette . Ces princes,issus des anciens souverains d’Alsace et du comté des Va-rasques, exerçaient encore des droits qui paraissent être