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NOTE XXII. - page 404.
Notice sur quelques arbres remarquables de l’ancienÉvêché de Bâle .
Les plus belles et les plus riches décorations de nos mon-tagnes sont les forêts qui les couvrent. Tantôt elles crois-sent sur des rocs qu’elles couronnent de leur verdure;ailleurs, elles remplissent des abîmes et des précipices dontelles cachent l’affreux aspect; plus loin, elles s’élancentmajestueusement sur le penchant des collines, servant d’a-bri aux troupeaux qui paissent dans les pâturages voisins ;elles forment de frais bosquets dans quelques vallées,baignant leur pied sur le bord d’un torrent, s’étendantjusqu aux limites des villages, aux portes des métairies,présentant partout leurs dépouilles aux marins, aux archi-tectes , aux artisans, aux habitans du pays, et surtout auxusines où l’on travaille le fer, provenant souvent de "mi-nières situées sous le sol même des forêts.
Aucune contrée, peut-être, n’offre plus d’arbres et deverdure; aucune montagne de celte partie du Jura , n’estdépouillée de forêts ; pas un rocher ne tend sa tête nue surla surface de ce sol ; il est toujours coiffé de quelque pinsylvestre, ou tout au moins d’arbrisseaux.
Sur les montagnes les plus élevées, l’épicéas ou sapinrouge croît presque seul. Plus bas , il est mélangé de sa-pins blancs et de hêtres. Les coteaux sont encore occupéspar les mêmes arbres et par quelques rares chênes , faibledébris de ces forêts druidiques, que les hommes ontmoins respecté que le temps. Et , au milieu de ces prin-cipales essences de bois, croissent encore d’autres arbres,tels que le pin sylvestre sur les rochers, les érables, lecharme , l’orme, le tilleul et le frêne ; et ensuite les arbresfruitiers, parmi lesquels le noyer se fait toujours remar-