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quer par son port élevé et son feuillage odorant. Enfin,de nos nombreux arbrisseaux, nous ne citerons que le cou-drier, le sureau, les saules, dont les espèces sont si va-riées; le buis, le houx, le genévrier, le nerprun et l’if,dont les fruits ou les bois pourraient être employés à tantd’usages.
Mais le parti qu’on pourrait tirer de nos forêts n’appar-tient pas à notre sujet, et nous ne parlerons que des arbresremarquables par leurs dimensions ou par les événemenshistoriques qui s’y rattachent.
Nos diverses archives, les anciens documens, les chro-niques, les manuscrits, quelques vieux tableaux, et enfin,la tradition, rappellent encore le souvenir de ces arbrescélèbres , qui n’existent plus qu’en petit nombre , commede rares témoins des siècles passés.
Nous avons déjà fait mention de quelques-uns dans letexte ou dans les notes de cet ouvrage; cependant nousessayerons d’en nommer encore d’autres.
Aii fond d’une vallée sauvage, entourée de noirs sapins,non loin de débris celtiques et romains, se dresse encorele plus colossal de nos chênes, dans la forêt de Basse-court. Sa circonférence est de 29 pieds jusqu’à une hauteurde deux toises. Il se partage alors en rameaux monstrueux,qui lui donnent l’apparence d’une forêt de chênes, plantéesur une colline. Il fut plusieurs fois marqué de la hacheforestière pour le convertir en bois d’affouage, mais aucunparticulier n’osa entreprendre de l’abattre, trouvant la be-sogne trop difficile. On estime qu’il pourrait produire dix-huit toises de bois.
Non loin de là , dans la commune de Glovelier , on rap-pelle un fameux chêne, qui était si grand , que plusieurspersonnes pouvait s’asseoir autour d’une table dans la ca-vité que formait son flanc déchiré. Quand il fut coupé, on