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pouvait conduire une charrue attelée sur son immensetronc sans en dépasser le circuit.
En 1810, on abattit, à Corban, un autre chêne, dont lacirconférence avait treize brasses. Nous ne citerons qu’enpassant le chêne des Ortières, commune de Courroux, quia 2S pieds de tour, et se divise en deux tiges énormes ,f or-mant chacune un arbre de forte dimension. L’intérieur,rongé par le temps, est assez vaste pour servir de retraiteà plusieurs hommes, et ce réfuge était bien connu descontrebandiers, lorsque l’évêché de Bâle appartenait à laFrance .
Au-dessus de la vallée du SilberloCh, dans la communedeRœschenz, non loin des ruines inconnues duForstenegg,existait jadis une de ces forêts druidiques actuellement sirares -, d’immenses chênes enfonçaient leurs puissantes ra-cines dans le flanc de la montagne, tandis que leurs têteschevelues bravaient la foudre et les tempêtes. Mais la hachedestructrice a éclairci les rangs de ces vétérans, ils sonttombés un à un et quelques glands, échappés aux animauxvoraces, ont reproduit çà et là quelques chênes rabougris.Cependant, quelques autres rappellent encore l’anciennesplendeur de cette forêt, et l’un d’eux a passé 24 pieds decirconférence.
On en voit dans plusieurs localités approchant de cettedimension, mais ils deviennent de jour en jour plus rares :il semble qu’on a honte d’en laisser encore comme un re-proche pour ceux qu’on a déjà détruits.
Si nous entrons dans les forêts de sapins, nous y remar-querons le même principe destructeur. Jadis elles étaientpeuplées de ces sapins majestueux, qui avaient entendugronder la foudre pendant quatre ou cinq siècles, dont lesrameaux avaient d’abord servi d’appui au nid de la grive ,puis du faucon , puis de l’aigle , et souvent, sur leurs cimes