VII
A la vérité, cesdocumens ne nous indiquent beau-coup de choses que fort impai’faitement : ce sont desjalons posés de loin en loin, un canevas à remplir,et j’ai comblé ces lacunes à l’aide des documens, deschroniques, des traditions, et surtout des manuscritset archives de l’abbaye de Lucelle et de l’Evêché deBâle , que j’ai étudiés avec soin et dans lesquels j’airecueilli les détails les plus intéressans.
L’histoire diplomatique n’oserait se servir de plu-sieurs de ces matériaux ; aussi, ai-jc eu grand soind’indiquer les sources d’où ils proviennent, afinqu’on puisse distinguer le certain de l’incertain, et lapart de l’histoire d’avec celle du roman.
Les archives de l’ancien Evêché de Bâle étaient,avant la révolution de 1795, déposées au châteaude Porrentruy, résidence du prince-évêque. Ellesrestèrent quelque temps fort négligées $ lors de laréunion du département dii Mont-Terrible à celuidu Haut-Bhin, beaucoup de documens furent en-voyés à Colmar et même à Paris . Cependant, unhomme laborieux, M. Hertel, ayant rempli quelquesannées les fonctions d’archiviste, remit en ordre cequi restait encore h Porrentruy de ces précieuseschartes. Combien de fois, dans mon enfance, nem’a-t-ii pas porté jusque dans les voûtes de la tourdes archives? Peut-être est-ce cette circonstance quia fait que la poussière d’un diplôme a pour moi millelois plus d’attraits que la table la mieux servie.