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Bourcard d'Asuel : légende du XIIIme siècle : ancien évêché de Bâle / par A. Quiquerez
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naissait aucune limite lorsquon le lâchait dans les pâturagespour y prendre le vert. Il bondissait connue un cerf, ilsautait par-dessus les haies ou à travers les fossés, traver-sait les champs et les prairies, lœil en feu, la crinière hé-rissée , les naseaux ouverts et la bouche blanche décume ,en sorte quon laurait pris pour le premier cheval sorti dela main du créateur dans ce délicieux jardin que nous avonsperdu par suite de la gourmandise dune femme.

Cependant, tout fougeux quil paraissait, Conrad pou-vait le rappeler à lui par un simple signe ou un coup desifflet. On voyait alors le poulain docile galoper autour delabbé, rétrécissant de plus en plus le cercle quil décrivait,et finissant par sarrêter devant lui, pour recevoir unefriandise ou une caresse.

Ce jeune cheval se trouvait précisément près des bœufs ,lorsque le chien mal dressé se jeta sur eux ; et comme lescris de celui-ci avaient attiré toute la meute, Bourcard etses veneurs étaient aussi accourus pour connaître la causede tout ce bruit. A la vue du poulain qui bondissait gra-cieusement , et des huit bœufs prêts à briser leurs jougspour repousser lattaque des chiens, il prit fantaisie au ba-ron de semparer de ces animaux quil avait déjà convoitésplus dune fois; mais comme il était défendu, sous peinedexcommunication, de toucher à la propriété des monas-tères , et que la trêve du seigneur garantissait précisémentla charrue et les bœufs du cultivateur, Bourcard ne voulutpas sexposer aux foudres de lEglise par une attaque di-recte contre ses biens. Il laissa donc faire ses chiens, aurisque den voir quelques-uns éventrés par les cornes desbœufs, et il se tint à lécart pour profiter de loccasion quecette aventure pourrait faire naître.

Sigfried de Miécourt et les deux laboureurs repoussèrentdabord avec succès les premiers chiens qui se présenté-