On remarquera aussi que tous ces actes appartiennentau pays d’Ajoie où l’on parlait évidemment français . Ceuxdes vallées de Delémont , Moutier et St.-Imier sont aussien langue romane, dès le milieu du treizième siècle, ainsique ceux de la Neuveville , un siècle plus tard. Par contre ,les documens relatifs aux comtes de Ferrette et deThier-stein, dont les possessions étaient situées dans les monta-gnes du Jura, entre la chaîne du Mont-Terrible, ou duVorbourg et le Rhin , sont généralement écrits en latin ouen allemand .
L’acte suivant peut servir d’exemple pour connaître lelangage de l’ancien Evêché de Bâle pendant la premièrepartie du treizième siècle.
« Saichent tut cil qui ces lettres veront et œront que jemessire Hugues chevaliers sires de Boies, estaubliés en mapropre sance ai done en amoyne por le salut de marme etde mes ancessors à laglise de Grantgort a tenir quitementet mainmortablement tel piece corne je avois au pré Belinqui part es moines de Lucelan, qui giest entre Boiex etGrantgort, de les le pre Saint Martin. Et co ai done à laditeEglisse por le loz de dame Marguerite ma femme, dame deBoies et de mes hoire, cest a dire de monsi Lyefroi cheva-lier et Girard et Huot mes autres fiz ; et en tel menière quenos ancoirantos en bonne foi a laglisse devant dite et livolons estre tenu de porter garantie de ceste aumône en-vers tote gens, et por ce que ceste chose soit estamble etcreanble por ce que je ne ai fait ces lettres sunt saellcez duSael monsi Lyefroi, mon fil, et a chapitre saint Maynbofet au doin de Montbliart, ce fut fait en lan nostre Segniorque li milliares corroit par M et CC et LX et II ans, oumois d’avril. »
NOTE VII. — page 71.
On appelait Rôle, rotule ou rapport le recueil des droits.