172
franchises ou coutumier du pays. Dans les anciens temps,ils n’étaient pas écrits , et de là, vient que, dans les assem-blées ou plaids généraux, auxquels tous les hommes libresétaient tenus d’assister, ils devaient de même rapportertout ce qu’ils savaient des anciennes coutumes, et ces rap-ports formaient une grande partie de la législation.
Lorsque plus tard on écrivit ces rôles, on conserva lesouvenir de ces déclarations verbales et chaque article com-mençait par ces mots : « Item rapportons et déclarons,» nous paroissiens ou habitans des francs villages, etc. »
Chaque grande division de l’Evêché de Bâle avait sonrôle particulier, de même que chaque mairie et ensuitechaque paroisse. On devait en donner lecture à l’ouverturedes plaids généraux ou particuliers, afin que tous puissentse conformer aux dispositions qu’ils renfermaient.
C’était des actes fort importans, des véritables chartesou constitutions, établissant aussi bien les franchises dupeuple libre que les droits du souverain. Ils furent d’abordaccordés librement par le prince, mais le temps arriva oùil ne put plus les changer sans le consentement des su-jets et ceux-ci ne pouvaient se soustraire aux obligationsqu’ils leur imposaient sans se mettre en état de rébellion.
Un des plus anciens rôles que nous ayons pu trouverdans nos archives, est celui de la vallée de Delémont . Il estdaté de l’année 1350. En général, tous ces documens rap-pellent toujours des usages antérieurs, des coutumes, desdroits , des franchises remontant évidemment à l’établis-sement des Bourguignons dans cette partie de la Séquanie.
A diverses époques, le changement de mœurs, les be-soins résultant de la marche croissante de la civilisation,obligèrent le peuple et l’Evêque , comme souverain tem-porel , à modifier les dispositions des rôles, soit d’un com-mun accord, soit par des arbitrages, comme en 1560 pourcelui de Delémont , ou même encore par la violence, ainsi