E T I S M É N I E. 17
une joie naïve. Nous descendions avecplaisir à l’égalité de la nature ; nousétions heureux, et nous voulions vivreavec des gens qui le fussent. Le bonheurfaux rend les hommes durs et superbes,et ce bonheur ne se communique point.Le vrai bonheur les rend doux et sen-sibles, et ce bonheur se partage tou-jours.
Je me souviens qu’Ardasire fit le ma-riage d’une de ses favorites avec un demes affranchis. L’amour et la jeunesseavoient formé cet hymen. La favoritedit à Ardasire : Ce jour est aussi le pre-mier jour de votre hyménée. Tous lesjours de ma vie, répondit-elle, seront cepremier jour.
Vous serez peut-être surpris qu’exiléet proscrit de la Médie , n’ayant euqu’un moment pour me préparer à par-tir, ne pouvant emporter que l’argentet les pierreries qui se trouvoient sousma main, je pusse avoir assez de riches-ses dans la Margiane, pour y avoir unpalais, un grand nombre de domesti-ques , et toutes sortes de commoditéspour la vie. J’en fus surpris moi-mêmeet je le suis encore. Par une fatalité que/ e ne saurois vous expliquer, je ne voyois