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7 (1805) Lettres familières
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ET I S II I Kl S. 23

Je fus reçu du roi avec toutes sortesde distinctions. A peine eus-je le temps-de mappercevoir que je jétois étranger.

J étois de toutes les parties de plaisir : ilme préféra à tous ceux de mon âge, etd rij eut point de rang ni de dignitéque je ne pusse espérer dans la Margiane.

Jeus bientôt une occasion de justifiersa faveur. La cour de Margiane vivoitdepuis long-temps dans une profondepaix. Elle apprit quune multitude infiniede Barbares sétoit présentée sur la fron-tière, quelle avoit taillé en pièces lar-mée quon lui avoit opposée, et quellemarchoit à grands pas vers la capitale.Quand la ville auroit été prise dassaut,la cour ne seroit pas tombée dans uneplus affreuse consternation. Ces gens-navoient jamais connu que la prospé-rité. Ils ne savoient pas distinguer lesmalheurs d'avec les malheurs, et ce quipeut se rétablir davec ce qui est irrépa-rable. On assembla à la hâte un conseil,et, comme jétoîs auprès du roi , je fusde ce conseil. Le roi étoit éperdu , etses conseillers navoient plus de sens. 11étoit clair quil étoit impossible de lessauver, si on ne leur rendoit le courage.Le premier ministre ouvrit les avis. Il