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FORMATION NUMMULITIQUE.
colonnes, que quelques débris de corniches ou de chapiteaux, quel’on fait entrer ensuite dans de nouvelles constructions établies surdes bases plus solides.
L’examen très détaillé des discussions auxquelles a donné lieu laformation nummulitique qui va nous occuper pourra justifier quel-ques unes des réflexions qui précèdent, mais il fera surtout sentir lanécessité de procéder avec une certaine méthode lorsqu’on traitede semblables questions. Ainsi il nous montrera l’importance tou-jours prépondérante des relations ou des caractères straligraphiques,tels qu’on doit les comprendre et les appliquer, puis en mêmetemps l’étendue des ressources qu’offrent les caractères zoologiquesemployés dans le même esprit, et non exclusivement ou plutôt abu-sivement, comme dans ces classifications artificielles où l’on semblen’avoir oublié qu’une seule chose, la nature même qu’on croitnous représenter.
Ces ressources permettent d’abord de résoudre des difficultésque le premier mode de considération n’aurait pu surmonter, etelles peuvent ensuite rectifier des déductions erronées auxquellesauraient conduit des circonstances purement locales, des anomaliesdues à des phénomènes accidentels et bornés; elles réduisentenfin à leur juste valeur des faits que l’on est d’autant plus porté àexagérer qu’on les a étudiés davantage, et qu’ils sont constammentsous les yeux du plus grand nombre des observateurs.
La formation nummulitique, avons-nous dit (1), s’étend d’unemanière presque continue de l’O. à l’Ii., ou de l’Atlantique auxfrontières du royaume d’Assan, sur 98 degrés de longitude, et elleest comprise du S. au N., du moins dans l’état actuel de nosconnaissances, entre le tropique du Cancer et le 50' degré de lati-tude septentrionale. Elle forme une bande, allongée de l’O. N.-O. àl’E.-S.-E., qui diminue sensiblement de largeur dans cette dernièredirection. Elle circonscrit ainsi complètement le vaste bassin de laMéditerranée et de son annexe la mer Noire , celui du golfe Persique ,se prolonge par la chaîne de l’Elbourz et le plateau de l’Iran , jus-
(1 ) An té , vol.II, p. 442 et 1018, — Par suite des résultats qu'unexamen plus approfondi nous a fait entrevoir, nous avons substitué ,conformément aux principes précédemment établis, le motde forma-tion à celui de groupe, que nous avions d’abord adopté. Quant à celuide terrain , il eût été en contradiction complète avec le sens quenous lui avons donné une fois pour toutes.