CHAPITRE II
C’esi au pied du versant septentrional des Pyrénées que com-mença, il y a près de vingt ans, une discussion qui dure encore, surl’âge des couches 5 Nummulites qu’on y observe. Le champ de cettediscussion s’étendit ensuite aux deux versants des Alpes et mêmeau delà, pour les dépôts présumés contemporains, et beaucoup degéologues et de paléontologistes y prirent part directement ou indi-rectement.
L’un des plus grands services qui ait été rendu à la géologie dela France est le parallélisme que M. Dufréuoy (1) a su établir en-tre les dépôts secondaires du sud et ceux du nord ; il a séparé etcaractérisé nettement les formations triasique, jurassique et crétacéedu sud ,mal définies et mal limitées avant lui, et dont une grandepartie était désignée sous les noms vagues de grès rouge et de cal-caire alpin. Le savant académicien obtint ces résultats par la com-binaison de recherches stratigraphiques et paléontologiques ; niais,si l’on se reporte au temps où M. Dufréuoy poursuivait ses labo-rieuses et fécondes investigations, on s’apercevra que la connaissancedes fossiles était encore peu avancée ; certaines analogies de formessuffisaient pour qu’on rapprochât des espèces qui, plus tard, ontété distinguées et séparées, et, par suite d’un examen comparatifplus approfondi, les mélanges de fossiles tertiaires et crétacés, que l’oncroyait assez fréquents, sont devenus de plus en plus rares, et c’està peine si, sur mille ou douze cents espèces, on en pourrait citeraujourd’hui avec certitude 6 ou 7 passant d’une formation dansl’autre. Ainsi l’une des données qui semblait confirmer d’abord leclassement des couches nummulitiques du midi de la France dansla partie supérieure de la formation crétacée a perdu toute sa force,et l’autre, celle qui est relative à la stratification, paraît être sus-ceptible d’une interprétation différente.