16
BASSIN DE L’aDOUR.
La formation nummulitique occupe, au nord des Pyrénées , deuxrégions distinctes : l’une àl’O., que nous avons déjà désignée sous lenom de bassin de l'Adour, l’autre à l’E., que nous nommeronsbassins de l'Aude et de la Garonne supérieure.
§ 1, Bassin de l’Adour.
M. Grateloup (1), qui avait recueilli un grand nombre de fossiles,et surtout d’échinodermes, dans les couches à Nummulites des en-virons de Dax et de Bayonne , les ayant confondus avec ceux descouches crétacées qui ne renferment point de Nummulites, rappor-tait le tout au grès vert , sans se dissimuler cependant que les ca-ractères généraux d’une partie de cette faune la rapprochaient decelle des dépôts marins tertiaires. Dans un examen rapide que nousfîmes des mêmes localités (2), nous séparâmes nettement les cou-ches avec fossiles évidemment crétacés de celles qui renfermentles Nummulites; mais le petit nombre de coquilles que nous trou-vâmes associées à ces dernières ne nous conduisit pas à les regardercomme faisant partie d’une formation distincte, et nous suivîmesl’opinion de M. Dufrénoy , ainsi que M. de Collegno (3), qui peuaprès revint sur ce sujet.
En 1843, M. Aie. d’Orbigny (4), interpellé sur l’âge des dépôtsdu midi de la France , que l’on croyait renfermer à la fois des es-pèces tertiaires et crétacées, répondit que, soit d’après ses propresobservations, soit d’après les collections qui lui avaient été commu-niquées, il ne pensait pas qu’il y eût dans ce pays aucune coucheoù ce mélange existât, et que, quant aux falaises de Biaritz et deBidart à l’ouest de Bayonne, la suite des corps organisés qu’enavait rapportée M. Thorent démontrait qu’il y avait deux séries decouches tout à fait différentes: l’une, inférieure, située au S., ren-fermant des Ammonites, et qui appartient à la craie ; l’autre, supé-rieure, développée principalement au-dessous du phare, et quiparaît être tertiaire. Dans celle-ci dominent les Nummulites et les