BASSINS DE L’aUDE
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caire subordonnés, et des grès pétris de Nummulites et de Turri-telles, offrant des caractères généraux très constants, occupent desplaines peu élevées, du milieu desquelles surgit, comme une île, unmassif de calcaire et de grès marno-calcaire, dont la crête princi-pale court suivant la direction O. 16° N. Nous avons dit que lepoint culminant de cette petite chaîne, désignée sous le nom demont Alaric, atteignait 601 mètres. Des roches semblables consti-tuent les environs de la Grasse , et, prolongées vers Pli., elles formentune ride qui sépare les plaines de Fabresan et de Tournissan, recou-vertes par les marnes noires à Turrilelles de l’étage supérieur, les-quelles pénètrent aussi dans les anfractuosités ou vallées allongéesque déterminent les rameaux du massif principal.
La discordance des couches du mont Alaric avec les marnesnoires qui les recouvrent sur beaucoup de points ne permet pas àl’auteur de douter que le soulèvement des premières ne soit an-térieur au dépôt des secondes. Le niveau général de celles-ci nedépasse pas 100 mètres; il n’atteint même que AO mètres à Roubia;de sorte que la montagne formait au milieu de la mer nummuli-lique une île élevée d’environ 500 mètres, et les couches, en sedéposant dans celte mer, se sont coordonnées à ce relief. Cetterelation des calcaires du mont Alaric et de la Grasse avec lesmarnes noires des plaines avait été attribuée par M. Leymerie àune simple différence des caractères minéralogiques, et par M. Du-frénoy à une faille. Mais cette dernière explication, toute plausiblequ’elle était, ne peut être admise, si l’on considère que la disposi-tion précédente s’observe sur une ligne sinueuse de plus de 10lieues de développement, et que les marnes noires, qui à Monzcreposent sur le bombement des calcaires du mont Alaric, viennentbuter à Roquenegade contre la tranche de ces dernières, sans solu-tion de continuité ni changement de niveau, d’où résulte entre lesdeux étages une discordance évidente.
Les assises de l’étage inférieur ont éprouvé un grand nombre dedislocations, et des failles nombreuses s’y observent, surtout auxenvirons de la Grasse . Leur direction principale O. 16° N. est celledes Pyrénées ; mais pour le massif où se trouve le point culminantelle est N. 25° E. Entre Monze et Moux, les strates forment une selle,de telle sorte que ceux qui font face à la vallée de l’Aude sont lesmêmes que ceux qui sont tournés vers l’intérieur des Corbières.Les autres massifs offrent des dispositions un peu différentes ou enplateaux qui s’abaissent brusquement du côté des vallées. Les fossiles