ET ALPES FRANÇAISES. fii
Dans un premier travail, i\I. S. Gras (1) ayant pris les marnes etles calcaires à Nummuliles des Basses-Alpes pour ceux du groupenéocomien, les avait assimilés au calcaire placé sous le gt'ès vert dela perte du Rhône, auquel il rapportait aussi, par une autre er-reur, le flysch de la Suisse . Plus tard il en fit l 'étage supérieur dela formation crétacée, « qui est représenté, dit-il (2), par un dépôt» puissant et d’une immense étendue, caractérisé par de nom-» breuses Nuunnulites, et, ce qui est plus remarquable, par des» coquilles terliaires qui n’ont été trouvées jusqu’à présent que» dans le calcaire grossier parisien, ou dans les terrains équivalents.» C’est surtout, ajoute-t-il, la considération des fossiles qui m’a» porté à placer ces couches dans les plus récentes de la craie, car,» dans tout le Dauphiné et la haute Provence , je n’ai pu observer» leur superposition au grès vert ; partout, au contraire, elles repo-» sent immédiatement, tantôt sur la formation jurassique, tantôt sur» le groupe néocomien. Le groupe nummulilique, qui atteint des» altitudes de 2500 à 3000 mètres, semblerait même plus ancien» que le grès vert, qui occupe ordinairement le fond des vallées ou» des bassins. »
On pourrait s’étonner peut-être de voir l’auteur mettre ces cou-ches dans la formation crétacée, uniquement parce qu’il y trouvedes fossiles tertiaires et des Nummuliles ; mais il ne faut pas perdrede vue que les caractères stratigraphiques (dont il ne se rendaitpas bien compte) et minéralogiques le portaient à les placer beau-coup plus bas dans la série. Nous n’avons pas été nous-même plusheureux que M. Gras pour observer la superposition directe descouches nummulitiques sur ce qu’il nomme le grès vert, et quiest pour nous la craie tufau; mais comme celle-ci est parfaitementdéveloppée entre Vergons et l’Iscle, où elle renferme ses fossiles lesplus caractéristiques, ainsi que dans la montagne de la Colle-Saint-Michel, coloriée aussi comme appartenant au groupe néocomien, ilne nous paraît pas douteux que celle superposition, dont nousvenons d’indiquer des exemples à l’E. dans la vallée du Var , n’existeaussi dans le département des Basses-Alpes .
VAmmonites Coupei, Al. Brong. (A. varions, Sow.), que l’auteur
(1) Statistique miner, du dép. de la Drôme , p. 85, in-8 aveccarte. Grenoble , 1835.
(2) Statistique minér. du dép. des liasses-Alpes , p. 77, in-8avec carte. Grenoble , 1840.
III.
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