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par l’énorme massif cristallin des montagnes d’Allevard , allongéesdans la direction du Mont-Blanc , et flanquées par de puissantes as-sises jurassiques. Au nord-ouest, les roches crétacées spccédent à cesdernières, et, aux environs des Déserts, à trois lieues au nord-estde Chambéry , la formation nummulitique se montre de nouveaubien développée et enclavée dans des escarpements de calcairesnéocomiens et du coral-rag.
La partie inférieure est tantôt un calcaire jaune clair, tantôt ungrès siliceux, blanc ou jaune, caractérisé par des Nummulites etd’autres fossiles (1), et la supérieure, ou le flysch des géologuessuisses (2), une marne bleue, souvent feuilletée vers le haut, avec
(1 ) Bull ., 2 e sér., vol. I, p. 620, 1844.
(2) Nous employons ici le mot flysch dans le sens que lui adonné M. Escher; mais nous croyons utile, pour éviter désormaistoute méprise , de rappeler son histoire telle que l’a donnée M. Stu-der, avec une bonne foi qui fait infiniment d’honneur au caractèrede ce savant ( Verhandl. clcr Schweiz. naturj. Ges. bis ihrer veram.zu Zolothurn , 1 848 , p. 33; — Bibl. univ. de Genève , mai 1849;— L’Institut, 29 juillet 1849).
M. Studer proposa le nom de flysch, en 1827, dans deux mé-moires sur la vallée de Simme ( Jahrb. de Leonhard et Ann. dessc. nnt.). C’était une dénomination locale qui désignait un terraincalcaréo-schisteux assez complexe, lequel, dans le Simmenthal,recouvre le calcaire de Portland. L’auteur adressa des fossiles de cedernier étage à Alex. Brongniart, qui, par erreur, les attribua auflysch, et en conséquence, dans sa classification des terrains, rangeace dernier avec les couches jurassiques supérieures. En 1828,M. Keferstein ( Teutschland, vol. Y, p. S89 ) donna ce nom à lapresque totalité des Alpes calcaires arénacées et schisteuses, qu’ilconsidéra comme formant un terrain unique représentant la for-mation crétacée inférieure du nord de l’Europe , et renfermant aussitoute la série des fossiles . depuis le calcaire carbonifère jusqu’au ter-rain tertiaire ( Naturgesch. des Erdkærpers , vol. I. p. 276).
Dans son Mémoire sur les Alpes occidentales suisses , publié en1 834 , M. Studer reconnut, entre les lacs de Thun et de Genève ,trois zones de terrain marno - schisteux , composées de rochespresque identiques et renfermant les mêmes Fucoïdes , mais dont leparallélisme, cependant, ne lui paraissait pas évident: l’une, qu’il dé-signa sous le nom de schistes et grès du Niesen , semble plongersous la chaîne de l'étage de Portland du Spielgarten ; la seconde, ap-pelée flysch, fut le terrain du Simmenthal supérieur à cette chaîne;et la troisième, ou grès de Gurnigel, était le terrain supérieur aucalcaire de Châtel, ou étage d’Oxfôrd, qui forme la limite extérieurede la région alpine.
MM. Studer et Escher [Jahrb. de Leonhard, 1834) reconnurent