Buch 
3 (1850) Formation nummulitique. Roches ignées ou pyrogènes des époques quaternaire et tertiaire / par A. d'Archiac ; publiée par la Société Géologique de France, sous les auspices de M. le Ministre de l'instruction publique
Entstehung
JPEG-Download
 

SCR LES ALTES. 129

portent aussi à admettre que tous les strates ainsi plissés ensembleont été accumulés souvent d’une manière continue.

I.es flexions des formations calcaires sont surtout parfaitementexprimées le long de la branche d’Altorfdu lac des Quatre-Cantons,fissure iransvorse qui pénètre si profondément jusqu’au centre de lachaîne. I.es pentes des montagnes, de chaque côté de cette fente,montrent les divers groupes , depuis l’étage d’Oxford , les calcairesnéocomiens inférieur et supérieur, le grès vert, le gault, le calcairede Seewen ou craie, jusqu’aux étages nummulilique et du flysch,pliés souvent avec une concordance parfaite les uns avec les autres,en courbes nombreuses, dont la rapidité et la grandeur s’accroissentà mesure que l’on s’approche du centre de l’action métamorphique(le Saint-Gothard ). C’est en vain que M. Lusser (1), ne se rendantpas compte de ces effets, a voulu démontrer que les roches à grainsverts et les calcaires nummulitiques s’étaient représentés à plusieursreprises et que les Nummuliles existaient dans des couches trèsanciennes aussi bien que dans les plus récentes. Du Saint-Gothard au lac de Lucerne on reconnaît la connexion intime qui existeentre la ligne de l’axe principal, les plis des couches et les lignesde fracture. Ainsi, entre Brunnen et Flüelen , le centre des plisd’une des masses se montre dans les escarpements opposés du lacet indique que la direction générale de ces contournements est pa-rallèle à l’axe, ou E.-N.-E., O.-S.-O., tandis qu’une ligne de frac-ture, également visible des deux côtés de la fissure transverse, luiest aussi parallèle. Des flexions ont eu lieu d’abord, des brisuresen ont été la conséquence, et les noyaux ou parties intérieures desplis, ainsi que les lignes de dislocation, se sont trouvés parallèlesaux unes et aux autres, de même qu’au grand axe de la chaîne.

Les ondulations que présentent les coupes perpendiculaires à ladirection de celle-ci sont comme des vagues progressives dontles pentes rapides de la ligne anticlinale sont les plus éloignées del’axe, tandis que les pentes opposées, les plus longues ou les moinsinclinées, sont tournées vers la chaîne même. Cette disposition, ana-logue à celle que MM. IL D. et AV. B. Rogers ont constatée dansles Appalaches , s’observe particulièrement à Sissykon et près del’embouchure de la Muotla-Thal. Dans la grande courbure des

(I) Nnchtrngliche Bemerknngen zu der gcognostischcn Fors-chung un il Darstclliuig der Alpen vont Si-Gothnrd bis nm ZugerSce(Swiss. Transact., vol. I, p. 44).

III.

9