131
les bords dénudés affleurent à la surface, résultent de plissementsdont les axes, quoique accidentellement verticaux, sont plus sou-vent obliques ou renversés vers la haute chaîne des Alpes , etprésentent leur escarpement principal vers les collines de conglo-mérat tertiaire plus récent. Il s’ensuit que les roches nummuli-tiques plongent le plus ordinairement sous des couches plus ancien-nes ; et, tandis que sur le versant sud-est de la montagne elles inclinentdu côté des Alpes , recouvrant régulièrement les couches crétacées,sur la pente nord-ouest elles sont comprises entre la mollasse d’unepart et les roches crayeuses de l’autre et paraissent plonger sous cesdernières.
On conçoit que les couches soulevées qui enveloppent des ellip-soïdes tels que ceux dont on a parlé doivent présenter des irrégula-rités dans leur direction, et même diverger de ces centres. C’est eneffet ce que l’on observe dans le grand massif elliptique des Grisons et du canton de Claris, dont l’axe principal est dirigé E.-N.-E.,O.-S.-O., mais dont les couches extérieures, là où elles suivent sescontours aux extrémités de l’ellipse, s’écartent considérablement dela direction normale. Les grands ellipsoïdes du Mont-Blanc , duFinsler-Aar-Horn, du Saint-Gothard , de la Selvretta, etc., résultentde forces souterraines qui ont agi particulièrement pour chacund’eux, quoique tous participent à la même direction.
(P. 256.) Après avoir cité d’autres exemples de dislocation quirentrent dans les précédents, M. Murchison décrit un déplacementtrès remarquable de couches que l’on observe en montant de la valléedeSernft par Engi à Elm, puis en traversant le passage deMartin’sloch, à 2600 mètres d’altitude, pour redescendre vers la vallée duRhin supérieur. Celte crête sépare le canton de Claris de celui desGrisons . La base de la montagne, vers le N.-N.-O., est formée parles schistes, prolongement de ceux qui renferment les poissons, pardes grès calcaires et par des calcaires à grains verts et à Numrau-lites. Ces assises plongent directement au S.-S.-E. sous la montagneet sont recouvertes par une variété de flyscb, très quarlzeuse,qui semble partiellement altérée. Celle-ci se prolonge jusqu’à unedépression voisine de la crête, où elle est directement recouvertepar un calcaire dur, gris, subcristallin, de 50 mètres d’épaisseur etque traverse une sorte de tunnel qui a fait donner à cet endroit lenom de Martin's loch. Ce calcaire s’étend d’une manière continueet transgressive sur le flyscb ; son épaisseur est variable, sa structuretabulaire, et il constitue plusieurs des pics environnants. M. Eschcr y a