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3 (1850) Formation nummulitique. Roches ignées ou pyrogènes des époques quaternaire et tertiaire / par A. d'Archiac ; publiée par la Société Géologique de France, sous les auspices de M. le Ministre de l'instruction publique
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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

savant admet donc avec M. Favre, que, près de Genève et dans quel-ques parties delà Savoie , la formation nunnnulitique repose sur lesslrates jurassiques, sur les calcaires néocomiens ou sur le grès vert(gault), précisément comme l’ont observé M. Sismonda dans les Alpesmaritimes et M. Chamousset aux environs de Chambéry ; mais celaprouve seulement que sur ces points les couches crétacées intermé-diaires ne se sont pas déposées, ou qu’elles ont été dénudées par descauses locales, avant le commencement des sédiments nummulili-ques. Ces faits n’impliqueraient point, pour le géologue anglais , l’in-dépendance ou le manque de continuité du phénomène sédimen-taire, lorsqu’on vient h leur opposer des exemples de superpositionet un passage à la craie, comme aux environs de Thone (Savoie ),dans les Alpes d’Appenzell et dans les diverses parties de la Suisse et de la Bavière dont nous avons parlé. Celte dernière dispositiondoit être considérée, suivant lui, comme la règle de l’ordre de suc-cession (1). En outre, d’après quelques coupes particulières deSamoens et de Taninge (Savoie ), M. Favre pense que le flysch estaussi indépendant des calcaires à Numinulites que ceux-ci le sontdes roches préexistantes, tandis que, dans l’opinion de M. Murchi-son , si la coupe de Thone ne suffisait pas pour prouver le con-traire, une multitude d’autres exemples viendraient établir l’intimeliaison de ces deux étages d’un même système.

Les discordances entre les formations secondaires des Alpes se-raient d’ailleurs assez rares, si ce n’est entre quelques unes des ro-ches sédimentaires les plus anciennes, celles entre autres qui offrentun clivage schisteux imparfait et qui sont bien distinctes de toutes,celles qui leur ont succédé. Mais le plus considérable et le plusfrappant des exemples de véritable indépendance est celui queprésentent la mollasse et le nagellluh de la Suisse . Dans ce payset sur le versant nord de la chaîne, leur séparation d’avec les dépôts

(t) Si l'on tient compte cependant de la superposition des couchesnummulitiques dans une partie des Alpes occidentales et méridio-nales, comme dans tout leur développement à l’ouest et à l'est docette chaîne, on reconnaîtra que ce passage invoqué par M. Murchi-son est un fait peut-être plus restreint que la non-contiuuité descouches des deux formations. Les données paléontologiques, ainsiqu’on le verra plus loin, ne permettent guère de douter qu’un phéno-mène physique assez général n’ait concouru au renouvellement pres-que complet de l'organisme dans cette portion considérable de lasurface du globe.