SUH UES ALPES.
133
ou en dehors. Outre celte disposition, qui est la base de la théoriede MM. Rogers, les Alpes montrent encore les mêmes failles longi-tudinales que les Appalachcs, et partout où les fractures ont eulieu à la fois sur la pente la plus rapide des plis anticlinaux ou syn-clinaux , le résultat a été un recouvrement latéral des roches lesplus anciennes par les plus récentes. M. Murchison fait voir combienles explications de MM. Rogers s’appliquent facilement à la plupartdes dislocations qu’il a décrites, et cela partout où les dépôtscrétacés sont surmontés par les calcaires à Nummulites et lellysch, et lorsque, après avoir été disposés en lignes synclinaleset anliclinaies, ils ont été brisés suivant les axes et dénudésensuite. Telles sont les failles de Dornbirn , du Bolghen, etc., où lapression exercée du centre vers les flancs de la chaîne a été tellequ’elle a renversé les axes d’une série de formations originairementconcordantes entre elles.
Mais une autre explication doit être cherchée pour la grande faillequi sépare la mollasse de tous les dépôts antérieurs ; car, dans aucuncas, la mollasse et le nagelfluh n’ont été régulièrement superposésaux roches préexistantes, aux dépens desquelles leurs sédiments ontété formés. Celles-ci avaient éprouvé la plupart de leurs contour-nements , lorsque la mollasse commença à se déposer sur leursflancs, eteette dernière, non plus que le nagelfluh, n’a participé auxplissements qui les avaient dérangées. L’une et l’autre sont au con-traire toujours coupés brusquement au contact des couches plusanciennes, et affectent un plongement ordinairement inverse. Ilrésulte de la composition du nagelfluh , que, lors de son dépôt, lesroches secondaires des Alpes , les calcaires à Nummulites et le flyschconstituaient des masses solides, avec les caractères lithologiquesque nous leur voyons aujourd’hui ; et l’on peut acquérir lapreuve dans les massifs du lligi, du Hoher-Sentis, etc., que lesforces qui ont soulevé la mollasse et le nagelfluh furent indépen-dantes de celles qui avaient contourné et produit les fractures plusanciennes de la chaîne.
(P. 253.) Si d’un côté la portion inaccessible d’une grande partiedes Alpes , leurs fractures et leurs contournements, les accumula-tions énormes de fragments sur leurs pentes, permettent difficile-ment de tracer des coupes précises de leurs masses, de l’autre ,l’étude générale de cette chaîne , dit M. Murchison , nous apprendà ne point déduire l’indépendance des formations de la non-concor-dance ou de l’interruption des couches dans un espace donné. Ce