170
Ainsi que nous l’avons dit plusieurs fois, c’est aux voyages de M. A.Bouéet de M. A. Viquesnel que l’on doit la plus grande partie dece que l’on sait sur la géologie de la Turquie d’Europe . Cependant,pour la formation numtnulitique, nous ne pourrons guère queconstater sa présence sur de très grandes étendues de ce pays, sansentrer dans beaucoup de détails, ces deux géologues ayant souventréuni dans leurs descriptions les couches à Nuimnulites avec lescouches à Hippurites, et rapporté le tout à la formation crétacée.La seconde partie du Journal d'un voyage dans la Turquie d'Eu-rope, et surtout la riche collection que M. Viquesnel a recueillie en1867 et 1868, nous ont néanmoins permis d’apprécier les caractèrespétrographiques et paléoutologiques des assises nummulitiques,entre la mer Noire, la mer de Marmara et la mer Égée , ainsi queleur extension géographique.
Dans l’Albanie septentrionale, entre Elbassan et Tirana , la coupede la montagne de Gabar présente un système de couches légèrementinclinées, qui sont de haut en bas : le calcaire de Leytha et un conglo-mérat quartzeux, l’argile tegel, des couches avec Cardium simidanset Cerithium pictutn, une argile bleue ou tegel, un schiste à Num-muliles, une argile marneuse, un calcaire à Nummuliteset des mar-nes argileuses. Les dépôts avec poissons du vieux château d’Itschim,au sud d’Alessio, sont encore parallèles aux roches nummulitiquesou tertiaires inférieures, dit M. Boué (1), aussi bien que ceux dela rive droite de la Vojutza, en face de Carbonaro (Albanie moyenne),et toute la chaîne de Durazzo à Alessio est probablement de la pre-mière période tertiaire.
Le système crétacé des Alpes et de l’Europe méridionale , ditailleurs le même savant (2), occupe en Turquie une place énormeet y a été souvent méconnu, parce que l’on n’a pas encore assezétudié les variétés et les modifications que présente cette suite d’im-menses dépôts arénacés et calcaires. On peut y distinguer trois ouquatre masses qui semblent se succéder dans un ordre constant.Une ou deux sont arénacées avec un peu de calcaire ; une autre esttrès calcaire et renferme souvent des Hippurites, et la dernière estremplie de Nummulites. L’auteur admet que tantôt il y a une sé-paration tranchée entre les Hippurites et les Nummulites, et que