DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
r.x
à cette époque. Nemesianus leCarthaginoisaécril un poème sur la chasseaux mammifères et un autre sur l’aviceptologie, dont il ne nous reste quequelques vers. Titus Calpurnius, élève de Nemesianus , a composé desélégies, dont la septième renferme des détails sur les lièvres blancs etsur le babiroussa ; il y cite un bœuf à bosse et à crinière, qu’on supposeêtre le bison.
A cette époque, la chimie, dont il n’a pas encore été question, occu-pait beaucoup les savants d’Egypte , et avait puissamment contribué auxprogrès de la métallurgie. Déjà, sous le nom d 'art hermétique, convertiplus tard en celui d’ alchimie, elle rêvait la transmutation des mé-taux: et Dioclétien fut tellement effrayé de ses progrès, qu’après laprise d’Alexandrie , il fit brûler tous les livres qui en traitaient.
Les plus anciens ouvrages d’alchimie, échappés à la proscriplion, etqu’on attribue faussement à Hermès , mais qui appartiennent évidem-ment à l’école d’Alexandrie, sont le Pimandre, le Traité des sept chapi-tres, et la fameuse Table d’émeraude tant de fois commentée sans avoirété comprise. Tous ces ouvrages sont empreints du panthéisme primitifparticulier à l’Orient, et l’on aurait peine à reconnaître, sous leur formeapocalyptique, les premiers âges de la chimie moderne ; mais nous sui-vrons pas à pas cette science, et nous montrerons comment la vérité sanscesse mêlée à l’erreur finit par triompher.
Après quinze siècles d’une gloire toujours croissante, l’empire romainsuccombait sous le poids de sa propre grandeur. Travaillé au dedans pardes factions politiques et des querelles religieuses auxquelles venait sejoindre, comme une cause inévitable de dissolution, la profonde cor-ruption de la société païenne; harcelé par les invasions de plus en plusmenaçantes des barbares, il louchait à sa ruine. Depuis le commence-ment de notre ère, les populations teuto-cimbriques, qui s’étendaientdu Danube jusqu’à l’Elbe, s’étaient incessamment précipitées sur l’Ita-lie ; leur nombre et leur audace allaient toujours croissant. Au iv° et auv e siècle, les Ostrogoths et les Hérules, les Vandales, les Alains, lesSuèves, les Visigoths et les Francs, inondèrent l’Italie, les Gaules, l’Afri-que, l’Espagne; et Attila (Etzel)vint à son tour, comme un torrentdévastateur, sillonner le sol de la péninsule italique. Pour l’éloigner,les Romains, qui ne pouvaient plus supporter le poids d’un glaive, legorgèrent de riches présents. Genserich et Odoacrc vinrent enfin s’as-seoir sur le trône des Césars, mais ne prirent des vaincus que la foi chré-tienne.