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Tome premier.
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LXI
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

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Cependant vers le milieu du iv‘ siècle, Constantinople avait recueilliles débris de la civilisation romaine ; et l’Occident , en proie aux guerresacharnées des tribus germaniques qui se disputaient la possession du sol,tomba pour huit siècles dans la plus affreuse barbarie. La lutte engagéeentre les chrétiens et les païens absorbait l’attention de tous les hom-mes d’intelligence, et ne laissait aux esprits aucun loisir pour s’oc-cuper de science. Toutefois, Eustathius , archevêque d’Anlioclie, com-posa, sous le titre de Commentaire de l’Hexameron, un traité d’histoirenaturelle, où les êtres sont rangés suivant l’ordre de leur création et donttous les détails sont empruntés aux naturalistes anciens. Saint Ambroise (370) publia un ouvrage semblable, mais dans un but exclusivementthéologique. Vegèce et Gargilius écrivirent sur l’art vétérinaire deux trai-tés d’une grande médiocrité, elPalladius a laissé un ouvrage intitulé : Dere rusticâ , qui mérite à peine une mention. Ausone , précepteur de l’em-pereur Gratien, est l’auteur d’un poème sur la Moselle , dans lequel ildécrit quatorze espèces nouvelles de poissons, entre autres la truite com-mune, la truite saumonée et le barbeau. Oribase , médecin de l’empe-reur Julien , fut un des hommes les plus remarquables de ce siècle; ilréunit en un seul corps divers traités de médecine, qui sans lui ne fussentpas parvenus jusqu’à nous.

Saint Augustin , l’illustre évêque d’Hippone et l’un des plus célè-bres pères de l’Église, a décrit quelques poissons, et mentionne ladécouverte faite en Afrique de débris de mastodontes qu’il croit être desossements de géants. On a de lui un traité sur la génération. Macrobe a écrit deux ouvrages sur les sciences : le premier, sous le titre deCommentaire du songe de Scipion , contient un exposé des opinionsdes anciens sur l’astronomie ; le second, intitulé Saturnales, rédigésur le même plan que celui d’Athénée, fait connaître certainesopinions scientifiques, que sans lui nous aurions toujours ignorées.Sidoine Apollinaire a laissé des détails topographiques sur l’Auvergne .Orose,de Tarragone , n’est intéressant que par une assertion qui justifiele calife Omar de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie ; car ildéclare que, dans son voyage en Égypte , il visita cette bibliothèqueet la trouva vide, les Arabes l’ayant dévastée depuis deux siècles.Martianus Capella a écrit, à la fin du v' siècle, un poème intitulé :Noces de la philologie avec Mercure. On y trouve une division des con-naissances humaines en sept branches appelées les sept arts libéraux,division adoptée par les universités dans tout le cours du moyen âge ;