DISCOURS PRÉLIMINAIIUÎ.
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et Saint Cyrille a laissé un petit traité sur les plantes et les animaux.
Les efforts des empereurs n’avaient pu empêcher les Gaules de tombersous la domination des Francs ni soustraire l’Italie au joug des barbares.Cependant les chefs des conquérants n’étaient pas tous insensibles auxavantages de la civilisation. Sous le règne de Théodoric, roi des Ostrogoths,le calme se rétablit un peu ; et ce sage prince, non content de favoriserdans ses états les progrès des lumières, s’efforça de les faire pénétrerchez ses voisins; mais les querelles suscitées par l’arianisme occupaientrallenlion des esprits et les détournaient de l’étude. Aux dissensionscausées par ce schisme se mêlèrent de plus graves préoccupations :les institutions politiques cherchaient à se régulariser ; la féodalité s’or-ganisait sur toute la face de l’Europe, et tandis qu’en Occident une aristo-cratie puissante renfermait le pouvoir royal dans les bornes les plusétroites, le despotisme régnait à Constantinople .
Le fameux commentaire de la Misnah, le Talmud , code civil et cano-nique des Juifs, remonte à celte époque, et eut une très grande influencesur la direction des idées philosophiques de l’Europe . C’était un mélangeinforme de la philosophie néo-platonicienne , avec les idées supersti-tieuses des Juifs, qui attribuaient aux caractères alphabétiques, à leurcombinaison, à certains mots barbares, une puissance refusée à l’homme,et mettaient à son service les êtres supérieurs. Les éludes théologiques,fondées sur la lecture des gloses de la Bible et sur celle des livres juifs,entretenaient cette déplorable erreur. Il en naquit la cabale que lexvn e siècle seul vit s’éteindre, et qui fascina certains esprits faibles au pointde les faire croire à leur propre supériorité. De là les astrologues , lesmagiciens et les sorciers qui souvent expièrent dans les flammes leur cou-pable crédulité.
La littérature ecclésiastique , qui avait eu pour brillants interprètesles pères de l’Église, commençait à décliner. Dans les premiers temps duvi e siècle, on ne comptait d’hommes célèbres que Cassiodore et Boëce ,qui firent de vains efforts pour tirer les lettres de la barbarie ; et versla fin brilla le savant saint Grégoire, dont le palais était devenu l’asile dessciences. Nous ne trouvons aussi à celte époque que deux médecins célè-bres, Aélius d’Amède et Alexandre de Tralles . La corruption toujourscroissante des mœurs fut suivie d’un abrutissement général. Les écoles,abandonnant les études sérieuses, s’étaient laissé envahir par les dispu-tes théologiques, et une fausse dialectique rendait les discussions verbeu-ses et sans profondeur.