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Tome premier.
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LXXVIII
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DISCOURS PRÉI.ItUINAIltE.

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attribue le secret de la composition de la poudre à canon dont l’indi-cation se trouve , dit-on, dans ses Œuvres décrites de l’art et de lanature et de la nullité de la magie. Il tenait sans doute ce procédédes Arabes , dont les ouvrages lui étaient, familiers. On lui prêle aussil'invention de la chambre obscure et du télescope; mais ce qui est positifc’est qu’il ramena les sciences dans la voie de l’observation, et, sous cerapport, il peut être considéré comme le précurseur de son immortel ho-monyme. Ses connaissances en astronomie étaient très étendues; il si-gnala l’erreur qui existait dans le calcul de l’année solaire depuis la ré-forme du calendrier par Jules César , et ce fut seulement trois sièclesplus tard qu’eut lieu la rectification qu’il avait indiquée.

Un contemporain de Roger Bacon non moins célèbre que lui, estArnauld de Villeneuve, médecin de Montpellier (12&G), qui a laissé surla médecine de nombreux ouvrages remplis d’observations pleines d’in-térêt et un traité de pharmacologie qui prouve de vastes lumièresen chimie. Ses écrits sont difficiles à lire à cause de l’obscurité de sonstyle. On y trouve la recette de la pierre philosophale et le mode detransmutation des métaux. Il y parle de l’émétique et du sublimé cor-rosif, et on lui attribue la découverte de l’alcool.

Son plus brillant disciple, le type de l’alchimiste, l’inventeur du four-neau nommé alhanoret delà médecine universelle, est RaymondLulledeBarcelone, qui, pendant cinquante aimées, parcourut l’Europe pour ob-tenir l'assistance des princes dans son projet de convertir les Algériens àla foi chrétienne et d’abolir l’esclavage , et qui fut enfin lapidé par lepeuple de Bougie . Malgré cette existence aventureuse et vagabonde , iltrouva le moyen d’écrire sur la médecine, la physique, la chimie, lathéologie; et, en dégageant ses écrits des rêveries alchimiques qu’ilsrenferment, on est surpris de l’érudition et de la méthode qui y régnent.Il rendit de grands services à la chimie en employant la voie humidedans la recherche de la pierre philosophale, procédé qui attira l’atten-tion des alchimistes sur les produits que fournissent les corps par ladistillation.

Albert le grand, évêque de Ratisbonne , fut encore un des auteurs lesplus remarquables de ce siècle. Il quitta la chaire épiscopale pour selivrera l’étude des sciences, dont il a embrassé toutes les branches; et ilécrivit plusieurs livres sur l’alchimie. Son ouvrage sur les minéraux estcomposé avec plus de sagesse qu’on n’en pouvait attendre de celte époque.Il partage, il est vrai, l’opinion de Geber sur la nature des métaux; mais