DISCOURS PR RUMINA IRE.
LXAIX
ses observations sont souvent fort judicieuses et indiquent un hommeversé dans les procédés métallurgiques employés de son temps. Sestraités sur les plantes , les animaux , le sommeil et la veille , les prin-cipes du mouvement progressif chez les animaux, les aliments et l’ali-mentation suffisent pour le disculper de l’accusation de magie portéecontre lui. On voit qu’Albert était un homme d’une science profonde,et que toutes les erreurs répandues sous son nom, et qui le rabaissent aurôle de charlatan, sont autant d’injures faites à sa mémoire. Ses disciplesles plus célèbres furent Thomas de Chantepré, Ambrosius Senensis, Al-bert de Saxe , qui fit paraître un traité sur les plantes, les pierres et lesminéraux et qui commenta Aristote , Thomas d’Aquin , qu’on supposeavoir été pénétré des doctrines de son maître. On attribue à ce dernier,sur l’autorité de Pic de la Mirandole , un ouvrage d’alchimie, intituléDe re metallicâ; ce travail, s’il en était l'auteur, ferait plus d’honneur àson jugement que sa fameuse Somme théologique . Parmi ses plus il-lustres contemporains, se trouvent Vincent de Beauvais , dont le Miroirdoctrinal renferme l’idée d’une classification méthodique des sciences,sur lesquelles il donne de précieux détails ; Pierre d’Abano , philo-sophe et médecin , et Conrad d’IIalberstadt qui écrivit sur l’ensembledes sciences naturelles avec beaucoup de succès. On cite encore un frèreprêcheur, nommé Théodoric , qui expliqua la cause des arcs-en-ciel aussibien que le fit plus tard Antoine Dominis.
À la fin de ce siècle brillent les Trouvères dont les chants annoncentle réveil de l’intelligence, et favorisent les progrès des lumières en don-nant aux langues de l’Europe une forme plus arrêtée.
Les républiques italiennes, Gênes et Venise surtout, contribuèrentparl’étendue de leur commerce à la diffusion des lumières et aux progrèsde la géographie. Quelques voyageurs visitèrent l’Asie . Guillaume Ruys-broek ou Rubruquis , moine franciscain, fut envoyé en 1258, par le roiLouis IX , au Khan desTartares, qui voulait, disait-on, se convertir à lafoi chrétienne, et la relation qu’il publia de son voyage fit connaître l’O-rient. Marco Polo visita le Japon et quelques provinces de la Chine , oùpersonne n’avait pénétré avant lui. Ce voyage est d’un grand intérêtpour la science; car Marco Polo était un homme d’un profond savoir, etses observations sur les productions naturelles des pays qu’il a parcourussont d’une exactitude remarquable.
Frédéric II, le puissant empereur d’Allemagne (1250), fut undes plus ardents protecteurs de la science. Il établit plusieurs écoles en