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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
à des travaux botaniques d’un grand intérêt. Garcias publia à Goa , en1563 , une histoire des plantes médicinales des Indes . Acosta en fitautant et y joignit une bonne description de la sensitive.
Oviedo et Monardès, de Séville , firent connaître la Flore des Indes occi-dentales; ce dernier retraça l’histoire du tabac, plante dont les jongleursindiens usaient souvent pour se procurer une ivresse prophétique ; ontrouve aussi dans son ouvrage la description du haricot, inconnu desanciens.
Clusius fit connaître plusieurs plantes d’Amérique et donna le premierla figure delà pomme de terre. Nous ferons remarquer à cette occasion quecette plante, dont on a attribué l’importation àRaleigh, en 1585, étaitdéjà très répandue en Italie en 1586, et qu’elle y servait à la nourrituredes hommes et des animaux. Il est évident que ce sont les Espagnols qui l’ont apportée en Italie. Gomara, écrivain espagnol , nous apprendque ce précieux tubercule était employé comme plante alimentaire chezles habitants du Pérou septentrional.
Au xvi e siècle, des jardins botaniques s’établirent en Europe et le goûtde l’horticulture commença à s’y répandre. Il se forma des jardins enItalie, en Allemagne et en France . Jusqu’à celle époque, ce n’avaieiitété que des établissements particuliers ; mais le grand-duc Côme I er encréa un public, à Pise , en 1543 , d’après les conseils de Luc Ghini. Pa-doue, Ferrare, Florence et Bologne eurent bientôt les leurs. La villede Leyde suivit cet exemple; en 1597 seulement, l’université de Mont-pellier en eut un qui tomba bientôt faute de protection.
Dès que ces établissements eurent été créés, on délaissa les ouvragessi obscurs et si incomplets des anciens, pour étudier les plantes surla nature. Conrad Gessner , déjà célèbre par ses travaux en zoologie,fut le premier à poser en principe que c’est dans les organes de la fruc-tification, les seuls vraiment caractéristiques, qu’on doit chercher labase de la méthode de classification des végétaux. Ce principe si féconden applications utiles ne fut cependant pas adopté. On continua à classerles plantes d’après certaines méthodes artificielles qui les groupaienten raison de leur ressemblance extérieure. Les figures des plantes quece botaniste avait fait graver suivant son système furent publiées parCamerarius , savant directeur du jardin botanique d’Allorf, qui les mitdans un abrégé de Matlhiole, qu’il édita en 1586.
Lobel, médecin du prince d’Orange, puis botaniste de Jacques I er ,publia, en 1581, un ouvrage dans lequel on reconnaît, pour la première