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Tome premier.
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XCVI
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

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resta longtemps classique sans être exempt de bien des erreurs; ilconsacre un long chapitre à la baguette divinatoire , au moyen de la-quelle on découvre les eaux et les trésors cachés. Cette croyance a étélongtemps répandue, et nous trouvons encore dans nos campagnes designorants qui y ajoutent foi. Cet ouvrage est plutôt un traité de métal-lurgie que de minéralogie; mais il n’en est pas de même de son livresur la nature des fossiles, mot par lequel il désigne tous les minéraux ;c’est un véritable traité systématique de minéralogie, et la méthode qu’ily suit domina la science jusqu’à l’époque où les substances minéralesfurent classées d’après leurs propriétés chimiques.

L’ouvrage d’Encelius (1557), De re melallicâ, est mêlé à des idéesd’alchimie sur la composition des minéraux; mais on y rencontre desvues de classification générale fort judicieuses.

Nous retrouvons le célèbre Gessner parmi les minéralogistes ; il peutêtre regardé comme le premier qui ait écrit sur la cristallographie. Acelte époque, on croyait généralement que les fossiles se forment natu-rellement au sein des masses minérales. Gessner n’avait pas adopté l’o-pinion vulgaire ; il admettait comme possible que ces dépouilles eussentappartenu à des êtres vivants.

La France a eu la gloire de donner le jour au célèbre Bernard Pa-lissy, créateur de la géologie, mais plus connu comme auteur de cescharmantes faïences à figures en relief encore recherchées de nos jours.Palissy,dont le nom doit être cher aux sciences, n’était qu’un pauvreartisan sans études qui s’était formé seul ; aussi ne le voyons-nous pasentiché des préjugés dominants parmi les savants de son époque. Chezlui la science a toujours un côté pratique ; il est avant tout applicateur,et ses ouvrages sont exempts de ces formes ambitieuses qui hérissentl’étude de difficultés inutiles.

Nous trouvons Palissy, dans sa jeunesse, forcé de faire pour vivre diversmétiers, et parcourant la France , tantôt comme arpenteur, tantôt commedessinateur et peintre d’images. Dans ses longues excursions, il avait re-cueilli un grand nombre de pétrifications. En 1575, il fit à Paris un coursde minéralogie, et combattit l’idée que les fossiles fussent de simplesjeux de la nature. Il soutint que les coquilles qui se trouvent au sommetdes montagnes sont des restes d’animaux marins, et que les mers ontjadis couvert les continents, vérité dès ce moment acquise à la science,mais dont l’établissement rencontra de grands obstacles dans les préjugésexistants. C’est à lui que l’agriculture doit l’emploi de la marne comme