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Tome premier.
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XCVIII
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DISCOURS PKÉI.IMDN AIRK.

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les premiers coups à la scolastique. Il publia dans ce but, en 160Get 1620, les deux parties d’un môme ouvrage composé sous le litregénéral d'Instauratio magna,- la première, De dignitate et augmentasscientiamm , est une classification méthodique des sciences, des-tinée à montrer qu’elles découlent les unes des autres et ont entreelles une connexion intime; la deuxième, JSovum organum scientia-rum, est la méthode philosophique à employer pour arriver à la vérité.Bacon procède par induction, c’est-à-dire qu’il n’arrive à la généra-lisation qu’après avoir rassemblé des faits assez nombreux pour qu’ilsoit permis d’en tirer des conséquences. Sa méthode est toute expérimen-tale; et l’on remarque dans ses écrits une foule d’aperçus profonds ouingénieux qui l’ont fait regarder comme le prophète des vérités dé-montrées par Newton. Cependant il n’a pas toujours été heureux enapplication ; ses ouvrages sur les vents, et sur la vie et la mort, sontpleins d’erreurs. Sans s’en apercevoir, il s’est appuyé sur l’autorité qu’ilavait si victorieusement combattue ; car il y a reproduit sans choixl’opinion d’autres auteurs, et non le résultat de ses propres obser-vations.

Sa Nova Atlantis est la description d’un établissement consacré auperfectionnement des sciences naturelles, et son Sylva sylvarum siveHistoria naluralis , un recueil d’observations et d’expériences dontles unes lui sont personnelles cl les autres étrangères. Cet ouvrage aété publié après sa mort.

René Descartes , né en 1596, est encore un des principaux instiga-teurs de la grande révolution du xvn e siècle; ce fut un habile mathémati-cien, un philosophe d’une haute intelligence ; il rendit aux sciences degrands services, en achevant de secouer le joug de l’autorité scolastique,et en conseillant, dans sa méthode pour arriver à la connaissance de lavérité, de prendre le doute pour point de départ. Cependant il sembleraitavoir cessé de reconnaître la vérité dès qu’elle ne revêtit plus les formesabsolues et infaillibles du calcul. Lui, à qui l’on doit l’admirable sim-plicité du langage algébrique, et qui enrichit l’application de l’algè-bre à la géométrie de si heureuses découvertes; lui, le créateur d’uneméthode philosophique ou l’erreur est impossible, il ne fit pourtant,faute de s’être appuyé sur l’expérience, qu’imprimer aux esprits un mou-vement salutaire. Ses travaux en physiologie, entachés des plus graveserreurs, ne lui ont pas survécu, non plus que la théorie qu’il inventapour expliquer le secret du mécanisme planétaire. On peut lui repro-