civ DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
un ouvrage fort estimé sur l’art de faire le verre ; Becher qui, toujoursun des zélés partisans de la doctrine de Paracelse , jeta, par la publi-cation qu’il fit en 1669 de sa Physica subterranea , les premiers fonde-ments de la science ; Bôtticher enfin, qui, sur le bruit qu’il connaissait lesecret du grand-œuvre, fut renfermé par l’électeur de Saxe jusqu’à cequ’il eût transmué des métaux ; en découvrant la porcelaine, il dotala Saxe d’une industrie plus précieuse que l’art de faire de l’or. La plu-part de ces chimistes connaissaient Boyle, et l’on doit s’étonner qu’au-cun d’eux n’ait abandonné les doctrines alchimiques pour adopter unethéorie plus conforme à la vérité.
Le paracelsisme fut sinon introduit, du moins répandu en France par Joseph Duchêne, médecin de Henri IV , et y trouva un grandnombre de partisans. Riolan, qui s’était déclaré l’antagoniste de toutesles idées nouvelles, ne manqua pas d’attaquer la thérapeutique de Pa-racelse . Il combattit, avec son emportement ordinaire, l’emploi despréparations pharmaceutiques empruntées au règne minéral, et soninfluence était si grande qu’il fit interdire par la faculté un médecinparacelsisle, nommé Mayerne, et obtint du parlement la déclarationque, dans tous les cas, l’antimoine est un poison.
Les paracelsistes n’étaient cependant pas tous exclusifs; il y avaitparmi eux beaucoup d’hommes vraiment instruits, et la France peut re-vendiquer l’honneur d’avoir vu naître ou d’avoir accueilli dans son seinBéguin, Davidson, Lefèvre, dont les ouvrages jouirent d’un succès mé-rité ; Sylvius, Digby, Glazer et Lemery, son élève. Ce dernier chimiste,quoique fondant ses explications sur le paracelsisme et sur le cartésia-nisme , fut longtemps classique; et Homberg, tout en suivant la mêmevoie, fut plus savant que ses prédécesseurs.
Jean Rey, médecin du Périgord , écrivit, en 1630, une petite brochure,dans laquelle il expliqua, par une théorie semblable à celle de Lavoi-sier , la cause de l’augmentation du poids des métaux par la calcination ;aussi lorsque ce dernier publia sa découverte, lui opposa-t-on la théoriede Rey.
En Angleterre, nous trouvons à la tête de la science Boyle, qui ap-pliqua à la chimie la méthode expérimentale de Bacon , c’est-à-dire qu’ilcommença par de nombreuses expériences peur en tirer des déductions.Il s’occupa de l’influence de l’air dans la respiration et la combustion,et fit servir à ses expériences la cuve pneumato-chimique ; il reconnutl’augmentation du poids des métaux par la calcination, sans se rendre un