DISCOURS PRÉLIMINAIRE. cv
compte exact de ce phénomène , qu’il attribuait à la fixation du feu etde la flamme rendus pondérables; mais ses travaux firent à peine sen-sation à l’époque où ils parurent ; et la chimie suivit son ancienne rou-tine. Cependant l’école anglaise était dans la meilleure voie ; et si tousles chimistes en eussent suivi les traces avec persévérance, il en fût ré-sulté une régénération complète de la science.
Mayow, enlevé aux sciences à la fleur de son âge, a laissé dans sesécrits la relation d’expériences fort intéressantes sur le rôle de l’airdans la combustion et la respiration, phénomènes qu’il attribuait à unprincipe appelé par lui sel nitro-ae'rien , correspondant à l’oxygène, etqu’il considérait comme la cause de la formation des acides, de la com-bustion et de la motilité animale.
Dans le cours du xvi* siècle, l’anatomie descriptive avait fait derapides progrès. Affranchie des erreurs du galénisme, celte science avaitmarché à pas de géant dans la voie des découvertes; mais le xvn e pré-luda par une conquête qui forme dans la science une ère nouvelle : nousvoulons parler de la circulation du sang.
L’Angleterre, qui n’avait joué jusqu’alors qu’un rôle secondaire dansles révolutions scientifiques de l’Europe , se trouva tout-à-coup illustréepar la grande découverte d’Harvey. Ce célèbre anatomiste, élève de Fa-brizio d’Aquapendente. avait assisté son maître dans ses recherchessur les valvules des veines ; il fut frappé de la direction constante deces valvules vers le cœur, et en conclut qu’elles servaient à diriger lesang vers cet organe. Le premier pas fait, la seule inspection des val-vules qui garnissent les artères à leur départ du cœur lui prouva quele sang est porté de celui-ci dans les vaisseaux artériels. Le principe dela circulation démontré par Harvey avait déjà été entrevu par l’infor-tuné Servet, par Colombo, par Césalpin ; mais ces auteurs n’en avaientqu’une idée vague, confuse, qu’il eut la gloire de développer. L’envie sedéchaîna contre lui, plusieurs anatomistes cherchèrent à lui enlever lemérite de ses observations. Ses contradicteurs luttèrent en vain ; ilsne tardèrent pas à se voir condamnés au silence, et sa découverte futunanimement adoptée.
Harvey compléta les travaux de Fabrizio sur le développement dupoulet dans l’œuf ; il avait écrit sur l’embryologie un traité plein d’idéesneuves qui eût suffi à son illustration. On trouve dans ses écrits les pre-| mières lueurs de la théorie des inégalités de développement. Il avait
f composé un ouvrage sur la génération des insectes; mais cet ouvrage
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