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Tome premier.
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

idées étranges; il dit, entre autres choses, que par l'effet de la volontéet de l’habitude nous pourrions maîtriser les mouvements physiques ducœur. Sa théorie de la contraction des muscles n’est pas aussi satisfai-sante que la partie purement mathématique de ses travaux.

Laurent Bellini, disciple de Borelli, et Pitcairne, médecin d’Edim-bourg et professeur à Leyde , furent aussi des iatro-mathémaliciens, maisd’une moindre portée que Borelli ; et leurs expériences ne sont nul-lement concluantes ; ils ne tenaient aucun compte des forces vives desmuscles, et les comparaient aux forces mortes. Pitcairne pensait que lachaleur animale est le résultat d’un simple frottement, et que la forcevitale n’est autre que celle du cœur. Toutes ces théories pèchentpar leur caractère absolu, et les explications qui en découlent sont pres-que toujours absurdes.

Jusqu’au commencement du dix-septième siècle, les savants avaienttravaillé isolément, et ne devaient souvent leur position qu’à la faveurd’un souverain ou d’un prince. Les avantages qui devaient résulter pourla science, d’une simultanéité d’efforts, les déterminèrent alors à se réu-nir en sociétés nommées académies. Nous trouvons en Italie l’académiedes Lyncées, établie en 1603. Vers 1648, au milieu de la révolution quiprécipita Charles I er du trône, se constitua la Société-Royale de Lon-dres , qui, interrompue pendant le paroxisme de la fièvre révolutionnaire, reprit ses travaux à la restauration de Charles IL Un des élèvesde Galilée établit à Florence , en 1651, l’académie del Cimento, ou deY Expérience. En 1652 , un médecin de Schweinfurl, nommé Bausch,fonda l’académie impériale des Curieux de la Nature, qui siège aujourd’hui à Bonn. L’Académie des Sciences de Paris ne fut régulièrementconstituée qu’en 1666, mais elle remonte plus haut. Dans ces sociétés,les travaux sont régularisés, et les efforts réunis des savants ont le dou-ble avantage de prévenir l’extinction des lumières et d’en amener la dif-fusion. Comme complément nécessaire de ces créations utiles se pré-sente l’établissement de musées destinés à favoriser les travaux dessavants auxquels est refusée la facilité de voyager.

Partout on s’occupe de science, et les terres du Nouveau-Monde, sil-lonnées pendant un demi-siècle par d’avides conquérants ou d’audacieuxaventuriers, deviennent aussi le théâtre d’observations scientifiques.

La colonie formée par les Hollandais dans la province de Pernambouc,au Brésil , produisit un travail d’une haute importance, celui de Marg-graf, qui parut en 1648, sous le titre d 'Histoire naturelle du Brésil . Pi-