DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
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AVillughby s’occupa aussi d’ichthyologie ; et, en 1686, la Société royalede Londres publia son Ilistoria pisciimi dont la mise en ordre appartientà Ray. Cet ouvrage est bien au-dessus de son ornithologie, en ce qu’il abeaucoup observé par lui-même. Il joignit aux figures empruntées auxichlhyologisles anciens, tels que Rondelet , Àldrovande, Belonet Marc-grav, un grand nombre de planches qui lui appartiennent. Sa classi-fication, la seule suivie jusqu’à ce jour, n’a subi d’autres modificationsqu’un simple changement dans les noms : ses cartilagineux sont leschondropte'rygiens,■ ses osseux sont divisés d’après leur forme : les rondssont les anguilliformes, et les plats avec une nageoire ventrale sont lesmalacopte'rygiens ou à rayons mous, et les acanlhoplerygiens ou àrayons épineux. Willughby avait seulement, suivant la coutume, rappro-ché les cétacés des poissons. Son ichtliyologie a été compilée, jusqu’àCuvier, par tous ceux qui ont écrit sur celle matière.
Nous avons parlé avec éloge de Swammerdam comme anatomiste ;mais, comme classificateur, il est fort incomplet, et l’on ne trouve de mé-thode générale de classification des insectes que dans Ray, dont le travailfut publié en 1710. Sa méthode entomologique porte le même caractèrede précision que ses autres travaux, et a servi de base à notre classifica-tion actuelle.
Nous voyons que les sciences abandonnent peu à peu l’Italie pour serépandre en Europe, et que la France et l’Angleterre, malgré les guerresqu’elles eurent à soutenir, prennent une large part aux travaux géné-raux de l’époque. L’Allemagne , déchirée par des guerres intestines, neparaît qu’à de rares intervalles sur la scène scientifique. Quant à l’Es-pagne et au Portugal , courbés sous le joug du despotisme inquisitorialet de la superstition, ils restent étrangers au mouvement des esprits.
La botanique, qui, dans le cours du xvi e siècle, comptait beaucoup dedescripteurs, n’avait fait que peu de progrès sous le rapport de laconnaissance de la structure intime des plantes. L’anatomie végétaleattendait, pour sortir du néant, l’invention du microscope. En 1661,Henshaw, de la Société royale de Londres , découvrit les trachées desvégétaux à l’aide de cet instrument perfectionné par Hook; maisles essais de cet observateur ne furent que le prélude de découvertes im-portantes , dues surtout à Grew et à Malpighi .
En 1682, Grew publia un traité de l’anatomie des plantes, dans lequelil indiqua le tissu végétal comme composé de cellules qui en for-ment le fond. Il reconnut les vaisseaux et les fibres qui le traversent,