DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
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il essaya d’analyser les végétaux par le feu ; mais Mariotie mit lin àces essais inutiles, en démontrant aux botanistes que cette méthode nepouvait les conduire à aucun résultat.
Woodward répéta les expériences de Van Ilelmont, qui tendaient àprouver que les végétaux subsistent avec de l’air et de l’eau seule-ment ; ou, en d’autres termes, que la plante décompose l’eau et l’acidecarbonique, pour en extraire le carbone et l’hydrogène.
Nous avons vu, dans la partie de ce travail relative à la zoologie,que Ray avait établi une méthode sur tous les embranchements dessciences naturelles. Il vint tirer la science taxonomique du chaos danslequel elle était plongée, et il se place encore à la tête des classifica-teurs du xvn e siècle ; car nous ne trouvons, après l’essai de Bau-hin, d’autres systèmes botaniques que ceux encore bien arbitrairesde Johnston et de Morison. On reconnaît dans sa méthode le prin-cipe dichotomique ; il prend pour base de ses divisions le nombre et laforme des pétales, la quantité des semences, la nature du péricarpe, etc. ;mais, entraîné par la routine, il sépare encore les végétaux ligneux desplantes herbacées.
Magnol développa avec sagacité, dans son Prodrome d’une histoire gé-nérale des plantes, les principes sur lesquels doit être établie une mé-thode naturelle; mais, dans l’application, il s’en écarta sans cesse, etlongtemps après il publia un système tout artificiel.
Malgré l’imperfection de son système, Rivin fut le seul botaniste deson temps qui ne séparât pas les végétaux ligneux des plantes herba-cées ; ce qui était déjà un grand progrès. La simplicité de sa méthode lalit adopter par un grand nombre d’auteurs, surtout en Allemagne .
Pilton de Tourneforl publia, en 1694, scs InslUutiones rei lierbariœ,dans lesquelles il donna un système entièrement fondé sur l’absence oula présence de la corolle, sa configuration, le nombre de ses divisions etson mode d’inflorescence ; on y trouve un certain nombre de familles na-turelles. Malheureusement, il ne donna aucune importance aux affinitésqui unissent les plantes herbacées aux végétaux ligneux, et il en formadeux groupes distincts. Le petit nombre de plantes qu’il connaissaill’em-pêchade perfectionner son système, dans lequel ne peuvent entrer laplupart de celles qui ont été récemment découvertes. La forme attrayantedes ouvrages de Tourneforl et la lucidité de ses démonstrations lui va-lurent une réputation qu’éclipsèrent à peine les admirables travaux desphytologistes du xvm c siècle; car la plupart des botanistes adoptèrent