DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
cxvj
ses idées, et jusqu’en 1740, l’Académie les suivit dans ses Mémoires.Tournefort eut, en outre, le mérite d’avoir le premier fixé l’idée des gen-res en botanique et d’en avoir donné d’excellents modèles dans ses Insti-tutiones rei herbariœ.
La botanique s’enrichit, dans le cours de ce siècle, des découvertesfaites par les voyageurs. Hermann décrivit les piaules du Cap de BonneEspérance et de Ceylan ; Kæmpfer rassembla dans ses Amœnitates exoticœ le résultat de ses observations faites au Japon et en Asie . Tour-nefort et Shérard parcoururent, surtout en botanistes, la Grèce etl’Asic-Mineure ; Banister visita l’Amérique ; Van llheede décrivit lesplantes des Moluques et celles du Malabar, et Rumpli celles d’Amboine.Plumier lit connaître les végétaux des Antilles . Sloane parcourut laJamaïque , et en rapporta une nombreuse collection de plantes; on vilparaître des flores générales et particulières de toutes les parties del’Europe. Barrelier publia une flore du midi de l’Europe , contenantenviron 1400 végétaux, et Lœsel, une flore de Prusse. Ce fut lui quiemploya le premier le nom de flore.
Les jardins botaniques, ces puissants auxiliaires de la science, étaientnombreux en Italie et en Hollande. Montpellier avait eu le sien ; maisParis en manquait ; ce ne fut qu’en 1634, après huit années d’instances,que Guy de la Brosse y en établit un, qui, par des agrandissementssuccessifs, est devenu notre célèbre Jardin des Plantes. L’Allemagne enfonda aussi quelques-uns, ainsi que l’Espagne et le Portugal .
Vers la lin du xvn e siècle, nous avons peu de progrès à signaler enminéralogie et en géologie.
Seilla, peintre napolitain, défendit en 1670, dans un ouvrage fort re-marquable , l’opinion de Bernard Palissy sur les coquilles fossiles, ettrouva pour contradicteurs le célèbre eonchyliologisle Martin Lister , etEdouard Lhuyde.
Cesius, Georgius de Stockholm et Aldrovande ont écrit sur la minéra-logie en classificateurs. Ils divisent les minéraux en terres, sucs concrets,pierres et métaux ; leurs idées souvent raisonnables sont mêlées auxerreurs de l’alchimie et de la cabale.
Ce siècle, qui avait si bien commencé à secouer le joug qui écrasait lapensée, s’était peu à peu assez émancipé pour laisser un libre cours à sonimagination ; et, quoique la minéralogie fût dans l’enfance , que la géo-logie n’existât pour ainsi dire pas, nous trouvons plusieurs théories surl’origine de la terre. Thomas Burnet et Jean Ilay publient deux théories