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Tome premier.
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CXVIII
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DISCOURS PRELIMINA1KE.

cxviij

État des sciences naturelles depuis le commencement du XVIII e sièclejusqu'en 1789.

Plus nous approchons de l’époque contemporaine, plus l’analyse destravaux en histoire naturelle devient difficile. Non seulement toutes lesbranches de la science se perfectionnent, mais encore le champ s’enagrandit, et l’on en voit se développer dont nous avons ù peine entrevule germe. Le xvnr siècle est pour les sciences une des époques les plusfécondes. Une activité fébrile s’est emparée de tous les esprits : dans lesilence du cabinet, dans les académies, dans les laboratoires, dans leschamps, dans les forêts, au sein des mines, sur les eaux, des hommeslaborieux travaillent avec un accord admirable au grand-œuvre, à l’u-nion des peuples par la science. D’intrépides voyageurs parcourent toutesles parties du globe : les uns gravissent les sommets glacés des mon-tagnes pour en mesurer les hauteurs ; les autres s’égarent dans les forêtsvierges , dans les savanes du Nouveau-Monde , ou dans les steppesinhospitalières de la Tarlarie; d’autres encore bravent les climatsbrûlants et meurtriers des tropiques, les âpres frimas du nord, ou lesdangers d’une longue navigation dans des parages inconnus ; tousveulent enrichir la science de leurs découvertes.

Anson, Wallis, Caneret, Vancouver , Cook, Bougainville, Lapeyrouse,parcourent les mers et découvrent des terres et des productions nou-velles. Pallas, Gmelin, Messerschmidl, Steller, explorent la Russie etla Sibérie ; Gulden, le Caucase; G. Shaw, la Nouvelle-Hollande; le pèreLabat, les Antilles; Osbeck, la Chine; Olivier et Chardin , la Perse ;Sounerat, la Nouvelle-Guinée et les Indes-Orientales ; Ilasselquist, For-skal, l’Arabie et la Syrie ; Levaillanl, Sparrmann, l’Afrique méridionale;Adanson, le Sénégal; Olafsen, l'Islande; Tlmnberg, le Japon ; Bruce,l’Abyssinie, etc.

Les collections s’augmentent et se multiplient; les musées, les ména-geries s’établissent ; on crée de nouveaux jardins botaniques, et partoutles corps savants s’organisent.

Les souverains eux-mêmes prennent part à l’aclivité générale.