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DISCOURS PRELIMINAIRE.
xviu e siècle et fut le triomphe des penseurs. De profonds philosophesla dirigent et lui impriment un grand caractère d’unité. Ces vastes tra-vaux portent bientôt des fruits : Locke et son école, qui enfanta le sen-sualisme en France , dissèquent la pensée et n’y voient qu’un jeu desorganes; Mably, dans un autre ordre d’idées, est encore le championde la pensée émancipée. Rousseau jette à la foule ses brillants para-doxes voilés sous la magie de son style. Enfin tous les travaux viennentse résumer dans une vaste et puissante synthèse qui domine toute lascience.
L’abondance des matériaux ne nous permet pas de donner une es-quisse étendue des travaux de ce siècle. Nous nous contenterons doncde tracer à grands traits les progrès des sciences, et nous ne nous arrê-terons qu’à leurs plus brillants interprètes.
Astronomie. — L’astronomie, à laquelle les découvertes de Newtonavaient imprimé une impulsion nouvelle, s’enrichit d’observations quien augmentent l’exactitude. Keil, émule de Locke , professe publique-ment, en 1704, la physique de Newton, et popularise ainsi les véritésrépandues dans les ouvrages de ce grand homme, mais combattues parles ignorants et les envieux. Cette doctrine eut bientôt dans toute l’Eu-rope le plus grand retentissement; cependant jusqu’au milieu du xvm”siècle, le cartésianisme en paralysa l’influence.
Halley découvre 350 étoiles australes; il constate le passage de Mer-cure sur le soleil, et développe la théorie de Newton sur les comètes.Bradley fait connaître, en 1727, la cause de l’aberration de la lumière; et,quelques années plus tard, il explique le phénomène de la nutation del’axe terrestre. Moskelin calcule la densité de la terre et trouveuju’ellcn’est supérieure à celle de l’eau que de quatre fois et demie. Euler et Bernouilli, tous deux géomètres habiles, portent la lumière dansplusieurs parties obscures de la science. En 173G, La Condamine etBouguer mesurent un degré du méridien sous l’équateur ; Maupertuis,Clairaut , Camus et Lemonnier font le même travail au pôle arctique.D’Alembert publie ses recherches sur la précession des équinoxes.
Fonlenelle, quoique n’étant ni physicien, ni astronome, fait pour lessciences physiques ce que Buffon fit pour les sciences naturelles; il en faitdisparaître l’aridité et sait les populariser en les rendant aimables.
De 1750 à 1754, Lacaille fait un voyage au cap de Bonne-Espérance ,et détermine la position de 9,800 étoiles situées autour du pôle austral.