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Tome premier.
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CXXVIII
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cxxviij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

grande habileté, et découvrit, en 1774, l’oxygène qu’il nomma air déplilogistiqué, l’acide sulfureux, l’azote, le protoxyde et le bioxyde d’azote etle gaz oxyde de carbone; mais, malgré ses grandes découvertes, on letrouve, à cause de son attachement à la théorie chimique de Stahl, in-certain dans ses principes et cherchant partout le phlogistique.

Bergmann, le généreux protecteur de Schèele , celui qui reconnut ungrand chimiste dans l’obscur préparateur d’un pharmacien, démontraque l’air fixe est un acide,, et l’appela acide aerien. Il découvrit l’a-cide oxalique et plusieurs acides végétaux et métalliques; il fit de nom-breuses expériences sur la chaleur et la lumière. La théorie qu’il essayade substituer à celle de Stahl n’eut aucun succès à cause de sa bizarrerie.

Aces savants, on doit joindre Smith, qui essaya de classer les différentesespèces d’air qu’il nomma gaz, à l’exemple de Van Helmont ; Woolfe, quiperfectionna les opérations de la chimie, en améliorant les appareils;Rouelle, savant chimiste et habile praticien. le maître de Lavoisier ,qui s’occupa de recherches sur les gaz et les sels, et auquel il ne manqua,pour tirer plus de parti de ses expériences, que de les avoir faites la ba-lance à la main ; Bayen (1774), qui avait obtenu l’oxygène sans enavoir reconnu les propriétés, et qui attaqua la théorie de Stahl, en démon-trant l’inutilité du phlogistique dans la réduction des chaux métalliques,clWenzel, qui publia, à Dresde , en 1777, une théorie sur l’affinité descorps, dans laquelle il expliqua l’action réciproque des sels neutres.Ce fut Wenzel qui le premier se servit de balances dans ses analyses ;il se distingua, parmi les chimistes de son temps, par la précision desrésultats numériques de ses expériences. Le tableau des affinités chi-miques, publié par Geoffroy, en 1778, est encore un des ouvrages quiont fait époque dans la science.

Le plus illustre chimiste du xviii' siècle fut Lavoisier , l’élève deRouelle, et dont la vie, malheureusement trop courte, fut une suite dedécouvertes. Il renversa la doctrine chimique de Stahl, en déclarant quele phlogistique n’existe pas, que l’air déphlogistiqué est un corps simple;que cet air se combine avec les métaux dans la calcination, qu’il con-vertit en acide le soufre, le phosphore et le charbon, qu’il entretientla combustion et la vie, qu’il forme les parties essentielles de la croûtedu globe, de l’eau, des plantes et des animaux. 11 répéta les expérien-ces de Black sur les gaz, démontra la combustibilité du diamant et lesproduits qui en résultent, et fit connaître la nature de l’acide carbonique;il étudia les phénomènes de la respiration et de la combustion, analysa