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Tome premier.
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CXXIX
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IJISCOl'RS PRÉI.IMINAIKK.

CXXIX

l’eau el la recomposa. Les chimistes, attachés aux anciennes idées, neles abandonnèrent pas sans combattre le hardi novateur , et Lavoisier eut à soutenir une rude polémique ; mais, malgré l’opposition que la doc-trine pneumatique rencontra surtout en Allemagne el en Angleterre,elle se répandit dans toute l’Europe.

Berlhollet, l’habile applicateur de la science à l’industrie, aban-donna le premier la doctrine du phlogistique pour embrasser celle deLavoisier .

Fourcroy , dont la carrière scientifique appartient plus au xvm e sièclequ’au xix e , fut un digne émule de Lavoisier ; la science lui doit de nom-breuses expériences sur les combinaisons salines, sur la combustionde l’air inflammable; et aussi de vastes essais de chimie animale; cefut en 1792, qu’associé à Vauquelin et à Séguin, il obtint de l’eaucomposée de toutes pièces.

La science était devenue assez riche en découvertes; mais sa langue,empreinte des formes de l’alchimie, manquait encore de précision ;c’était un mélange incohérent de noms bizarres, n’indiquant jamais lesrelations des corps constituants. Nous citerons entre autres la laine phi-losophique (oxyde de zinc), et la lune cornée (chlorhydrure d’argent).

Sur un travail et d’après les idées de Guyton-Morveau, Lavoisier ,Berlhollet et Fourcroy changèrent la nomenclature chimique. Lesnoms se simplifièrent et eurent une signification arrêtée. Un petitnombre de terminaisons unies aux radicaux suffirent pour faire connaîtrela composition des substances. Il y eut une même terminaison pour lesacides; on appela oxydes les corps combinés avec l’oxygène sans acidité;les alcalis et les corps terreux eurent des noms féminins et les métauxdes noms masculins. On désigna par des noms du même genre lessubstances de nature semblable. Il en résulta pour l’étude un avantageimmense ; aussi tous les savants s’empressèrent-ils d’adopter la nouvellenomenclature; mais, plus tard, celte langue, qu’on avait cru pouvoirtoujours suffire aux besoins de la science, subit d’importantes modifi-cations, et de nos jours elle en exige beaucoup encore.

Les dernières années du xviii® siècle virent la chimie se perfectionnersurtout en ce qui concerne son application aux arts et à l’industrie.La minéralogie et la géologie ne pouvaient marcher sans elle ; la sciencedes êtres organisés y puisait des connaissances précieuses ; enfin, on re-connut quelle sert de lien à toutes les sciences naturelles ; aussilui assigna-t-on la première place parmi les autres sciences, et

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