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Tome premier.
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CXXXVI
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

forme, fut critiqué, lors de sa publication, avec une aigreur sans égale.Buffon et Haller, les deux plus célèbres contemporains de Linné , letraitèrent avec injustice ; mais son triomphe, fondé sur la raison, nese lit pas attendre, et condamna au silence tous ses détracteurs.

Buffon, l’émule de Linné , encore regardé comme l’oracle de la nature,fut un généralisateur hardi et brillant, doué d’une pénétration prodi-gieuse. Dédaignant les méthodes et l’aridité des descriptions scien-tifiques, il ne s’arrêta pas à la froide observation de chaque objet: ilcontempla la nature dans sou ensemble, s’éleva, avec l’audace du gé-nie, à des conceptions sublimes et devina souvent ce qu’il n’avait pasvu. Sa The'orie de la terre et ses Époques de ta nature, qui datent de lamoitié du xvm e siècle, eurent un succès prodigieux ; son histoire del’homme et celle des mammifères et des oiseaux sont des chefs-d’œuvrede style, pleins d’observations, où il fait briller sa sagacité et son éru-dition. Ses travaux eurent pour résultat de réconcilier avec les sciencesnaturelles les hommes du monde, que l’aridité des écrivains antérieursen avait détournés, et ses écrits resteront comme des modèles de des-cription.

Après ces deux grands hommes vient Bonnet, qui contribua, pai-sses découvertes, aux progrès de la science. Son ouvrage le plus remar-quable sur la philosophie des sciences naturelles est sa Contemplationde la nature, dans lequel il présenta sa célèbre hypothèse de l’emboî-tement des germes, théorie plus ingénieuse que vraie de la reproductiondes êtres. Ce même écrivain, pénétré de la pensée que, dans ses créa-tions, la nature procède régulièrement, avait établi une échelle dedégradation naturelle des animaux, destinée à représenter l’ordre danslequel ils s’enchaînent entre eux.

Hermann publia une Table des affinités des animaux. Il prétend,dans cet ouvrage, que chaque espèce se rapproche, par quelques détailsorganiques, d’espèces quelquefois fort éloignées. On a de lui de nom-breux mémoires; mais il s’est surtout occupé de mammalogie. Darwinfit connaître, dans sa Zoonomie , les lois de la nature organique.

Aux zoologistes généraux appartiennent Réaumur, qui embrassadans ses minutieuses observations des animaux de toutes les classes;Necdham, dont les travaux, quoique moins étendus, sont aussi variés, etSarrasin , qui a publié quelques observations sur les animaux d’A-mérique .

De 1751 à 1756, Klein et Brisson publièrent chacun un système du