DISCOURS PRÉLIMINAIRE. oxi.xij
aquatiques. A la même époque, Kœlreuler éclaircit, par de nombreusesexpériences, la théorie de l’hybridilé chez les végétaux. En 1780, I’riesl-ley découvrit que les parties vertes des plantes versent dans l’air dugaz oxygène, sous l'influence de l’action solaire. Mustel publia, en1781, un traité théorique de la végétation; Gleichen et Ludwig observè-rent le pollen; Sennebier, expérimentateur précis et intelligent, litconnaître le résultat de ses observations relativement à l’action de la lu-
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mière sur les végétaux. Hedwig, un des plus célèbres botanistes de la findu xviii 0 siècle, a enrichi la science de ses immortels travaux surl’anatomie des cryptogames ; mais il s’est peu occupé des phanérogames.
L’élude de la structure des organes des végétaux et de leurs fonctions,malgré son importance, n’occupait cependant pas aussi généralementles phylologisles que la botanique descriptive et la méthodologie. Nousavons vu qu’a la fin du xvii° siècle, Tournefort avait établi un systèmede classification fondé sur certains rapports naturels, et que les défautsde sa méthode viennent de ce qu’il a omis des caractères d’une véritableimportance pour leur en substituer qui en ont une beaucoup moindre.Sa réputation fut éclipsée par Linné , qui, non moins célèbre en bo-tanique qu’en histoire naturelle générale, changea la face de cellescience. Les uns exaltèrent ses travaux, et cherchèrent jusque dans sesfautes un sujet d’admiration; les autres furent à son égard d’injustes dé-tracteurs. Sa méthode de classification, fondée sur le nombre des orga-nes sexuels, sur les rapports réciproques de ces organes et leur réuniondans un même individu, ou leur séparation sur deux individus diffé-rents, est entièrement artificielle ; elle a l’inconvénient de séparer desplantes liées entre elles par les plus étroites affinités, de présenter desanomalies dans le nombre des organes pris pour caractère unique, etde comprendre dans une même classe un nombre trop considérable devégétaux. Ce système est pourtant le plus commode, et celui dont l’é-tude permet à l’élève de rapporter le plus facilement les plantes à desclasses déterminées. Il appliqua aux végétaux le même mode de no-menclature binaire qu’aux animaux , joignait au nom de chaque planteune phrase concise, qui en contient la description succincte.
Quoique Linné ait attaché une grande importance à la propagationde son système artificiel, il regardait la méthode naturelle comme ledernier mot de la science; il en publiait des fragments, l’enseignait à sesplus chers élèves, et professait l’admiration la plus profonde pour Ber-nard de Jussieu .