DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
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Haller, aussi habile botaniste qu’anaiomiste profond, n’adopta pas lesystème de Linné , qu’il attaqua avec aigreur ; et, comme la méthodenaturelle, qui n’était encore qu’ébauchée, ne présentait pas un ensemblesatisfaisant, il proposa dans ses ouvrages une méthode particulière, maisdont l’insignifiance est telle qu’elle ne mérite aucun développement.
En 1753, époque du plus grand triomphe de Linné, Adanson établit sesfamilles naturelles et chercha à délivrer la botanique des classificationsarbitraires , pour ne suivre que les indications de la nature. Il divisales végétaux en cinquante-huit groupes ou familles, subdivisées en seizecent quinze genres qu’il s’efforça de ranger dans un ordre tel que ceuxqui commençaient une famille fussent liés par l’analogie à ceux qui ter-minaient la famille précédente. Ce système, qui semble, au premier coupd’œil, remplir toutes les conditions d’exactitude, a le grave inconvénientde ne tenir aucun compte delà subordination des caractères, en donnantune égale importance à tous les organes, tandis qu’il s’en faut de beau-coup qu’il en soit ainsi. Adanson réforma la nomenclature, mais d’unemanière trop arbitraire pour être adoptée. Son ouvrage est conçu surun plan lafge et empreint d’une profonde philosophie; cependant il neput lutter contre la méthode artificielle de Linné ; et il n’eut qu’un mé-diocre succès, quoiqu’il puisse toujours être consulté avec fruit.
Le savant et modeste Bernard de Jussieu , qui s’occupait dans la re-traite du perfectionnement du système naturel existant déjà en germedans les bons esprits, et qui le répandait parmi ses élèves, n’eût jamaisosé le présenter au public, s’il n’avait été chargé par Louis XV , en 1759,de disposer à Trianon un jardin botanique, qui n’eut qu’une existenceéphémère. Cet essai eut peu de retentissement, et la véritable divulga-tion de la méthode naturelle est due à Antoine-Laurent de Jussieu . Cedernier rangea, d’après cette méthode, le Jardin des plantes de Paris ;il fit paraître, en 1789, le Généra plantarum , immortel ouvrage,qui, suivant le témoignage de Cuvier, a eu la même influence sur lessciences naturelles que les travaux de Lavoisier sur les sciences physi-ques. Il comprend cent ordres naturels, divisés en quinze classes, etprésentant un ensemble de dix-sept cents genres. On a rejeté à la fin,comme incertœ sedis, un certain nombre de genres qui n’ont pu trou-ver place dans les ordres. Ce travail était un résumé complet, quoiquesuccinct, dé tout ce qu’on connaissait sur les végétaux à cette époque.
Ludwig contribua puissamment à la réforme de la phytologie. Aprèsla philosophie botanique de Linné , les Institutiones historiée physi-