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Tome premier.
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cl DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

long espace de temps, et que son niveau s’élail ensuite graduellementabaissé.

De Maillet publia, en 1735, sous le litre de Telliamed, ses idées surles révolutions de notre planète. Il partit du principe que le globe a étéoriginairement couvert par des eaux marines qui, par leur diminutionprogressive, formèrent les terrains d’alluvion, et abandonnèrent sur leshautes montagnes les coquilles qu’on y rencontre. Etranger aux idéesde soulèvement, ne voyant, dans tous les phénomènes géogéniques, quele résultat de l’action des eaux, il veut que les reliefs du globe aient étélentement accumulés au fond de la mer par des courants chargés de li-mon , et il ne voit pas d’autres révolutions. Ces explications forcées leconduisirent à des résultats plus extraordinaires encore pour expliquerla présence des plantes et des animaux. Gomme il donne une origineaquatique à tout ce qui existe, il voit les végétaux marins, mis à décou-vert par la retraite des eaux, devenir des végétaux terrestres. Il en estde même des animaux qui, d’après lui, se modifièrent à mesure quechangea le milieu dans lequel ils vivaient ; ainsi, les poissons, restés àsec sur des roseaux, se métamorphosèrent en oiseaux ; leurs nageoiresdevinrent des ailes et leurs écailles des plumes; tandis que ceux quiétaient restés sur les hauts fonds prirent la forme d’animaux terres-tres. Pour appuyer son système, De Maillet ne recule pas devant lesexagérations les plus grossières ; il accueille toutes les fables, se com-plaît dans des détails absurdes, et raconte avec une étonnante naïvetéles aventures d’hommes marins ou devenus tels par accident ; aventuresqui occupèrent les esprits crédules du xyiiC siècle et amusèrent encorenotre enfance.

Cet auteur n’est guère, au reste, que le reproducteur du systèmed’Anaxagore , qui ne voyait dans tous les animaux que des poissons trans-formés ; et ses idées sur le rôle des eaux dans les révolutions du glo-be sont celles qui ont dominé de tout temps. Scheuchzer, l’un desplus ardents défenseurs des idées diluviennes, chercha à soutenir cettethéorie par des suppositions prises en dehors de la science. Il renditcependant de grands services à la géologie, en publiant un catalogueraisonné des fossiles qu’il avait déterminés, quoique souvent d’unemanière erronée ; car on y trouve 1 ’homo diluvii testis, reconnu depuis,par Cuvier, pour les restes d’une salamandre gigantesque.

L’habile minéralogiste Henckel essaya, dans sa jPyritologi (1725),d’expliquer les faits consignés dans la Genèse ; mais sa théorie est vide