DISCOURS PRRUMINAIRF.. e.j
fil fausse ; seulement, en sa qualité de minéralogiste, il a donné de bonsrenseignements sur la direction des fdons métalliques.
Lazaro Morro (1740) est l’auteur d’une théorie géogénique fort ingé-nieuse. Il admet le soulèvement de montagnes primitives et secondairespar l’action des feux souterrains ; les premières, avant l’existence desêtres organisés ; les secondes, après leur apparition , ce qui expliqueleur présence sur le sommet de ces dernières montagnes.
Fontenelle reproduisit en partie l’opinion de Leibnitz dont nous avonsparlé plus haut.
Linné , tout positif qu’il était, fit aussi sa cosmogonie ; mais son sys-tème géogénique porte la trace de l’imperfection de ses études primi-tives, bornées à l’observation des phénomènes géologiques naturels quise manifestent en Suède . Il ne connaissait pas suffisamment la disposi-tion des roches et ne pouvait demander de lumières à la minéralogiepour en déterminer la nature. Il admettait l’inondation primitive duglobe el la formation des continents par la retraite successive des eaux.
Linné déclare que, malgré toutes ses recherches, il n’a pu décou-vrir de trace du déluge. Suivant cet auteur, les roches quarlzeuses,quelquefois les gneiss, déposées par les eaux, forment l’assise la plusprofonde du globe; puis viennent les schistes, devant leur origine àla destruction des plantes marines accumulées au fond des eaux ; la troi-sième assise, composée de substances calcaires et de matières animalesfossiles, est formée par les mollusques, les zoophylcs et les animaux ma-rins; la quatrième est encore de nature schisteuse ; la cinquième est for-mée de roches dures, composées de parties hétérogènes, réunies parun ciment; la sixième et la septième, de nature siliceuse ou argileuse,ont recouvert les débris animaux et constitué les vastes plages marinessur lesquelles s’accumulent les fucus, dont la destruction forme la terre,quand ils sont pulvérulents, et les roches quand ils sont réunis par unciment. Ses idées théoriques ont beaucoup influé sur sa classificationdes minéraux. On reconnaît dans ce système, en le comparant à celuide Buffon, la différence de méthode qui séparait ces deux grandshommes, Linné toujours analyste, Buffon synlhéliste audacieux.
Ce dernier, chez lequel la fécondité de l’imagination s’unissait à unegrande puissance de déduction , ne put résister au désir de créer unethéorie géogénique, et il écrivit ses Époques de la nature y conceptionhardie, souvent juste , et monument précieux de littérature. Il admetque notre planète, détachée du soleil dans un état d’incandescence,