Band 
Tome premier.
Seite
CLII
JPEG-Download
 

DISCOURS PRÉLIMINAIRK.

ci.ij

s’aplatit sur les pôles , pendant sa période de fluidité, et que, s’étantpeu à peu refroidie, elle se couvrit d’eau par suite de la condensationdes vapeurs que finirent par absorber les cavités intérieures. Aprèsquarante-trois mille années de refroidissement qui n’éteignirent pas lefeu central, mais qui recouvrirent le globe d’une croûte possédant unechaleur tempérée, les végétaux et les animaux se produisirent à sa sur-face. Vinrent ensuite les formations secondaires. Pendant celte longuepériode eurent lieu de nouvelles révolutions et les reliefs du globe seformèrent. Les courants, les éruptions volcaniques et d’autres phéno-mènes déterminèrent les montagnes, creusèrent les vallées et donnèrentlieu aux différents mouvements de terrain. Buffon n’a point admis lathéorie de la formation des montagnes par soulèvement ; il pensait quetoutes les causes modificatrices delà surface du globe se produisaientau sein des mers, dont le déplacement laissait à la nature organique lemoyen de se développer. Un des principaux mérites de Buffon, commegéologue, est d’avoir inspiré le goût de cette science par le charme ré-pandu dans ses écrits.

Vallerius, compatriote et contemporain de Linné , admet que les iné-galités de la surface du globe sont dues à l’action du déluge et à la puis-sance érosive des eaux.

Gueltard dressa le premier, en 17Û6, des cartes géologiques, desti-nées à représenter la nature des terrains. Il divisa la terre en trois ban-des : la bande schisteuse, correspondant aux formations primitives etintermédiaires ; la bande marneuse comprenant nos terrains secondai-res ; et la bande sablonneuse ou formation tertiaire. On lui doit les pre-mières études attentives du bassin parisien.

Needham (1769) admet la formation, par soulèvement, des monta-gnes dont les couches étaient originairement horizontales, et il trouveune preuve de leur origine neptunienne dans la présence des corpsorganisés qui s’y rencontrent.

Sulzer attribue les diverses modifications de la surface du globe à descataclysmes successifs dont l’un, qui eut lieu à l’époque où la na-ture était organisée, est le déluge universel.

Rouelle, dont les opinions géogéniques nous ont été transmises parDesmarest, son disciple, a divisé l’écorce du globe en deux groupes,qu’il appelle l’ancienne et la nouvelle terre, séparées par un massifintermédiaire composé des masses argileuses et schisteuses, au seindesquelles il place les houillères. Dans le premier se trouvent le gra-